25 ans après l'affaire Dutroux, la cellule disparition de la police recherche surtout des personnes majeures

Créée dans la foulée de l’affaire Dutroux, la cellule personnes disparues de la police fédérale fête ses 25 ans ce vendredi. Près de 29.000 dossiers ont été ouverts sur cette période, dont 8300 concernant des mineurs, et 85% des disparus ont été retrouvés vivants. Le commissaire David Rimaux fait partie de la cellule. Il fait le bilan.

1995, c’était l’été : le mois de juin, la disparition de Julie et Mélissa, le mois d’août, An et Eefje. C’est après ces deux doubles disparitions que la cellule personnes disparues de la police fédérale a été créée. C’était le 4 septembre 1995.

29.000 dossiers

25 ans plus tard, près de 29.000 dossiers ont été ouverts, c’est un peu plus de 1000 dossiers par an. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les mineurs ne sont pas la majorité des personnes disparues.

"Nous travaillons essentiellement dans le but de rechercher des personnes disparues dont la disparition est inquiétante et ça concerne essentiellement des personnes majeures, explique David Rimaux, commissaire à la cellule Disparitions. La cellule a été créée lors du déclenchement de l’affaire Dutroux et au départ on parlait même de cellule des enfants disparus, mais dans la pratique, on s’est rendu compte que les disparitions dites inquiétantes, c’est-à-dire dont la vie de la personne disparue est en danger, concernent essentiellement des personnes majeures."


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Ce sont principalement des personnes qui ont l’intention de mettre fin à leurs jours, ou alors des personnes âgées qui se perdent parce qu’elles souffrent de démence ou d’Alzheimer, ou des personnes victimes d’accidents. "Ça, c’est l’essentiel de notre quotidien", commente le commissaire. Et des personnes qui décident de changer de vie ? Pas vraiment. "À partir au moment où on sait qu’elles ont décidé de changer de vie, ce n’est plus une disparition inquiétante, donc ce ne sont plus des cas qui nous concernent", répond David Rimaux.

Davantage de moyens

En 25 ans, les moyens de recherches ont évolué. "Par exemple, des moyens comme l’hélicoptère ou les chiens, illustre le commissaire. On dispose aussi maintenant de moyens technologiques. La traçabilité des gens est plus importante qu’avant, donc au niveau des véhicules et au niveau des GSM, tout ça nous a évidemment permis de nous perfectionner."

Mobilisables à toute heure du jour et de la nuit

Une équipe de 17 personnes travaille actuellement dans cette cellule. Un travail difficile qui ne requiert pas de formation particulière. "On est tous policiers à la base et disons qu’on apprend ce métier si spécifique au sein même du service, détaille David Rimaux.

"Il y a évidemment quelques particularités : on doit tous être bilingues puisqu’on travaille partout en Belgique. On doit évidemment faire preuve de disponibilité puisque c’est une matière dans laquelle on travaille 24 heures sur 24. Les gens ne disparaissent pas entre 8 et 16 heures du lundi au vendredi. C’est donc à chaque heure du jour et de la nuit qu’on peut être sollicité pour ce type de disparition."

90% des gens retrouvés mais pas toujours vivants

Plus de 90% des gens vont être retrouvés, mais malheureusement pas toujours vivants. "Il faut savoir qu’il y a plus ou moins entre 10 et 15% des personnes qui sont portées disparues qui sont malheureusement retrouvées décédées. Mais pour nous, on dit toujours que pire que la mort, c’est de ne pas savoir. Notre priorité est donc de donner des réponses aux familles et de pouvoir les apaiser le plus rapidement possible. On espère toujours de bonnes nouvelles, c’est-à-dire la découverte de la personne disparue en bonne santé."

Ne pas attendre 24 heures avant de déclarer une disparition

On dit souvent aussi que les premières heures sont cruciales dans une disparition. "Il existe encore des croyances populaires qui disent qu’il faut attendre 24 heures avant de signaler une personne disparue. C’est complètement faux !, insiste David Rimaux. Et ce sont même parfois certains policiers qui ont tendance à dire aux gens qu’il faut attendre 24 heures, mais ce n’est absolument pas le cas.

En cas de danger, les services de police ont l’obligation de réagir

En fait, dès qu’on a le sentiment que la personne disparue pourrait être en danger, il faut aviser les services de police et ils ont l’obligation de réagir le plus rapidement possible, puisqu’à partir du moment où on pense que la personne disparue pourrait être en danger, il faut évidemment la rechercher le plus rapidement possible, avec tous les moyens possibles et imaginables."

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