20 km de Bruxelles: Karen Northshield, rescapée des attentats du 22 mars, participe à la course

Le coup d'envoi des 20 kilomètres de Bruxelles a été lancé à 10 heures dimanche matin. 25 minutes plus tôt, un autre départ était donné par Charles Michel, celui des participants à mobilité réduite. Parmi eux, Karen Northshield, la dernière rescapée des attentats de Bruxelles à être encore hospitalisée. 

"C'est une épreuve que je me suis fixée". Tout sourire, l'ancienne sportive retrouve une part de l'ambiance qu'elle aimait tant. 1500 participants, personnes à mobilité réduite et accompagnateurs, étaient présents sur la ligne de départ de la célèbre course bruxelloise. Pour Karen Northsield, cette participation a une symbolique forte. À 32 ans, la jeune femme déborde de motivation et confie que l’adrénaline commence à monter.  "Je me retrouve dans mes éléments: le sport et la compétition. Avec l'équipe qui m'accompagne, on retrouve les bonnes valeurs, les bons éléments, le bon stress.

Cette course est un défi autre que médical

Depuis le 22 mars 2016, Karen Northsield vit dans une chambre d'hôpital. Il y a deux ans, elle se trouvait au guichet d'enregistrement à 7h58 quand une bombe a explosée dans le hall de départ de l'aéroport de Zaventem. Opérée une cinquantaine de fois, la jeune femme a encore de nombreuses séquelles. "Je suis devenue sourde de l'oreille gauche, et malentendante de l'oreille droite. J'ai aussi des acouphènes, qui sont juste un enfer. J'ai de gros problèmes digestifs car je n'ai plus d’estomac et plus de rate. Mais mes plus grosses séquelles sont à la jambe gauche : une partie de ma hanche a disparu, et je ne sais plus marcher", nous confiait-elle en mars dernier. 

Depuis quelques mois, elle est autorisée à sortir le week-end, mais ce dimanche marque la première sortie sportive depuis deux ans. "Une parenthèse", dont Karen Northsield entend bien profiter au maximum. "C'est un défi, autre que médical étant donné que je suis encore à l'hôpital et qu'il reste des épreuves à venir. C'est une sortie qui fait vivre. La première belle sortie depuis deux ans.

À l'année prochaine

Durant toute la course, Karen a été poussée par des coéquipiers. Elle et son équipe ont bouclé le parcours en 1h40. Une logistique bien préparée et des mesures sécuritaires pour éviter les chutes avaient été prises pour que tout se passe correctement. Gonflée à bloc, la participante faisait part de sa motivation avant le début : "tantôt je serai de retour à l'hôpital, mais là je peux m'accrocher à quelque chose d'autre, à ma vie d'après".

Karen Northsield ne cachait pas son engouement une fois les 20 kilomètres achevés. Une chose est sûre : elle reviendra l'année prochaine.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK