Crise de la dioxine: 20 000 cancers? "Un scénario de science-fiction"

Plus de 100 000 tonnes de volailles ont été détruites à l'époque
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Plus de 100 000 tonnes de volailles ont été détruites à l'époque - © 003 1012199903 - BELGA

La crise de la dioxine avait éclaté en 1999 après que des substances toxiques se soient retrouvées dans la chaîne alimentaire. Depuis, les politiques ont toujours minimisé les conséquences sur la santé. Pourtant, d’après un professeur d’université flamand, 20 000 cas de cancer supplémentaires auraient été recensés chez les femmes et encore plus de cas de diabète et d’hypertension. Des chiffres qui étonnent le professeur Alfred Bernard, toxicologue à l'UCL.

"Ca me paraît tout à fait surréaliste", a réagi le toxicologue interrogé par la RTBF. "Ce sont des chiffres qui ont été publiés à l’époque, en 2003 je pense..., et qui ont été démentis par la suite pour la simple raison que, mathématiquement, il était impossible d’augmenter la charge en dioxine pour la population belge. Et, depuis lors, une étude effectuée par le ministère de la Santé publique a montré qu’il n’y a eu aucun impact au niveau de la population belge. Donc, je trouve ça surprenant".

Invité du JT de 13h sur la Une, le professeur a été plus loin en évoquant "un scénario de science-fiction" :

D'après Alfred Bernard, "il n’y a eu même aucun impact sur l’exposition humaine, simplement parce que la quantité de dioxine qui a été introduite dans la chaîne alimentaire (on estimait ça à un gramme de dioxine), cette quantité-là était insuffisante que pour augmenter l’exposition de toute la population. On a calculé qu’il aurait fallu manger 30 poulets hyper contaminés, donc malades, ce qui était improbable".

Dans le JT de 13h, le toxicologue a même ajouté que cette crise de la dioxine avait "eu un effet bénéfique" : "J'ai arrêté les études en 2005, je me suis rendu compte que pendant cette crise, le niveau de dioxine ne cessait de diminuer en Belgique de 8% par an".

Les accusations de Nik Van Larebeke

Depuis l'affaire de la dioxine, les politiques ont toujours minimisé les conséquences sur la santé. Le Premier ministre de l’époque, Jean-Luc Dehaene (CD&V), avait même affirmé qu’elles étaient carrément nulles. Lundi, dans l’émission télé Terzake sur la VRT, le professeur Nik Van Larebeke, spécialiste du cancer à l’Université de Gand et à la VUB, estimait que cette crise de la dioxine avait en réalité fait bien plus de dégâts qu’annoncés.

"Si on considère le nombre de personnes qui ont été exposées à la dioxine, pendant la crise de la dioxine, on a une idée qu’environ 20 000 femmes vont développer un cancer lié à cette crise ; qu’il y a une augmentation de 24 000 cas de diabète et un peu plus de 20 000 cas d’hypertension que l’on peut imputer à cette crise de la dioxine", a ainsi expliqué le professeur Nik Van Larebeke, sur base des statistiques disponibles en Flandre.

D’après le scientifique, cette réalité a été masquée par certains hommes politiques. A l’époque, le scandale de la dioxine avait conduit à la démission de deux ministres fédéraux en juin 1999.

RTBF

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