1967, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band: il y a 50 ans, le rock rajeunissait le monde

Un album de pop-rock symbolise un tournant culturel, artistique, social: le 1er juin 1967, les Beatles publiaient Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band.
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Un album de pop-rock symbolise un tournant culturel, artistique, social: le 1er juin 1967, les Beatles publiaient Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band. - © Tous droits réservés

Il y a cinquante ans, le rock a ajouté plusieurs cordes à son arc. Le 1er juin 1967, les Beatles ont publié l’innovant "Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band". Un album aux sonorités et à la conception inédites qui a sidéré la jeunesse et stupéfait les musiciens de rock-pop. Aujourd’hui encore, ce 33 tours est considéré comme l’un des plus importants de la musique de la seconde moitié du XXe siècle. En 1967, d’autres artistes et groupes ont participé à ce foisonnement musical, artistique et culturel. Déjà dans le premier semestre, Pink Floyd, The Doors, Jimi Hendrix ont sorti leur premier album, de même que Velvet Underground, mais alors dans un relatif anonymat.

À San Francisco, cet été-là, baptisé "summer of love", a commencé la vague de festivals en plein air. Cette expression collective et populaire s’est répandue dans d’autres formes artistiques (le graphisme, la mode vestimentaire, jusqu’à l’architecture), avant de débouler, essentiellement aux États-Unis et en France, dans le débat politique. Imposés par une société alors rigide, les codes étaient cassés, les uns après les autres.

La jeune génération - et pas seulement les hippies - s’inventait une nouvelle vie. À l’occasion des 50 ans de la sortie de cet album mythique, Transversales vous propose d'explorer cette année 1967, en radio (à écouter en intégralité à la fin de cet article) et sous la forme d'un web-documentaire.

Les Beatles ont tordu le studio

Imagée, l'expression est de Marc Ysaye, le directeur de Classic21 : "Les Beatles ont tordu le studio". Si le studio était un athlète, on dirait alors qu'à l'arrivée, "il n'avait plus un poil de sec." A l'époque et c'est assez remarquable, cette prestation discographique recueillit peu d'échos dans la presse écrite belge. Quelques paragraphes dans les pages hebdomadaires "jeunesse", tout au plus, pour les quotidiens. En revanche, "Moustique" développait déjà une chronique "pop-rock", alors autant axée sur des potins (l'achat par les Beatles d'une île en Grèce...) que sur la création musicale proprement dite. Mais sans donner trop de précisions sur le contenu même.

Dans le numéro hebdomadaire du 20 juillet 1967, nous lisons que "le monde entier a été tenu en haleine pendant des mois dans l'attente de la sortie du nouveau LP (long playing, 33 tours) des Beatles. Ils y ont travaillé pendant des mois. Le résultat est prodigieux. On se demande s'ils pourraient encore faire mieux. Ils ont pu donner quelque chose de plus à leur musique, quelque chose de plus profond. (...) On ne peut le nier, les Beatles sont les meilleurs en ce moment. Et ils l'ont mérité."

Deux précisions s'imposent. La première, c'est la date de l'article : six semaines après la sortie internationale de l'album ! La seconde : la critique est lue dans la chronique générale "Mini Moustique", c'est-à-dire les pages dédiées aux jeunes... Plus généralement, tout ce qui touche à la jeunesse, jusqu'au "summer of love" à San Francisco, est peu, sinon pas du tout traité. Une illustration de cette quasi indifférence de la génération en place pour ce qui sensibilisait les plus jeunes. La musique pop-rock a fait valser des certitudes.

 

Ecoutez le reportage radio de l'émission Transversales

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