120 battements par minute: une plongée dans les années Sida

120 battements par minute : une plongée dans les années Sida
120 battements par minute : une plongée dans les années Sida - © LOIC VENANCE - AFP

Le Grand Prix du 70e festival de Cannes a été décerné au film de Robin Campillo, "120 battements par minute". Le film retrace les années Sida au sein de l’association Act Up. À cette époque, le combat se mène de manière virulente. Aujourd’hui, cette récompense est une belle reconnaissance pour le monde associatif.

Thierry Martin, directeur de la Plate-Forme Prévention Sida se rappelle de la fin des années 80, début des années 90. "Ce sont des années très difficiles, les associations étaient confrontées au quotidien à des amis qui mourraient du sida" se souvient-il. 

Rentrer de force et faire avancer les mentalités

L'association Act Up avait une stratégie: le rentre dedans. Elle avait également un objectif: faire avancer les mentalités. Les militants estimaient que la discussion et la concertation ne menaient à rien. Selon eux, le politique et l’industrie pharmaceutique se voilent la face. Ils privilégient donc des actions coup de poing comme s’enchaîner au ministère de la santé pour que la ministre accélère un dossier pour le remboursement d’un traitement. Les militants ont aussi saccagé des stands des entreprises pharmaceutiques avec de la peinture rouge. 

Thierry Martin rappelle qu'à l'époque il n'y avait pas de prévention dans les écoles. Les militants n'y étaient pas les bienvenus. "Alors que faisaient-ils? Ils rentraient dans les classes comme ça, c’est une stratégie qui a été efficace et qui a fait avancer les mentalités".

Une belle reconnaissance pour le milieu associatif

Pour le directeur de la Plate-Forme Prévention Sida, le prix de Cannes est une reconnaissance du travail réalisé depuis une vingtaine d’années. "Act Up a permis de faire prendre conscience aux politiques, aux médias, à la société, aux entreprises pharmaceutiques que le combat du sida, c’est un combat collectif et qu’on arrivera à l’éliminer que si chacun met une petite pierre dans la lutte" estime Thierry Martin.

Un combat encore d'actualité

Le combat contre cette épidémie se poursuit tant qu'un vaccin n'aura pas été trouvé. Un combat qui a pris, aujourd'hui, une autre forme, celle des discussions, de la concertation avec les entreprises pharmaceutiques et avec le politique. La priorité est désormais donnée aux pays asiatiques et africains où les porteurs du VIH n’ont pas accès aux traitements. 

En Belgique, les chiffres restent très élevés aussi. Chaque jour, trois personnes sont dépistées avec le virus du VIH. 

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