-10°, il y a une semaine, 17° ce week-end : la météo belge joue au yo-yo, la faute au vortex polaire?

Ce week-end, nous bénéficions de températures printanières. Une météo yo-yo, particulièrement contrastée, par rapport à la semaine dernière où les températures flirtaient en certains endroits de notre royaume avec les -10°-15°. Comment expliquer ce basculement si brusque et surtout des phénomènes polaires persistants dans une bonne partie de l’hémisphère nord ?  Les Etats-Unis connaissent, en ce moment, une vague de froid tout-à-fait inusitée qui s’est étendue loin dans le sud jusque dans le Texas. En Europe, la capitale russe, Moscou est recouverte d’un manteau de neige de 59 centimètres, soit un centimètre de moins que le record de 1973.

Froid polaire ou printemps précoce, la météo est très imprévisible. La faute, nous explique les spécialistes à une perturbation du vortex polaire. Xavier Fetweiss est climatologue à l’U-Liège, il décrit bien ce phénomène : "Quand tout va bien, le vortex polaire permet de maintenir l’air froid au niveau de l’arctique mais depuis début janvier, le vortex polaire a été détruit avec pour conséquence que le froid s’est répandu en grosse partie sur le continent américain et dans une moindre mesure en Europe. Au même moment, l’arctique s’est vidé de son air froid. Au niveau de l’arctique, c’était presque la canicule. On était à 20°-25° au-dessus des moyennes saisonnières. Imaginez 0° au Groenland en janvier-février !"  

Le vortex polaire, qu’est-ce que c’est ?

Le vortex polaire est un immense dôme d’air froid au niveau de l’arctique. Il est situé à 30 km d’altitude (bien au-dessus de la zone où se passent les phénomènes météo, c’est-à-dire la troposphère). Autour de ce dôme, il y a un gros contraste thermique entre l’air tempéré et l’air polaire qui génère un courant d’air très rapide qui s’appelle le jetstream. Plus ce courant est fort, moins les masses d’air entreront en contact.

Dès janvier, le jetstream soufflait beaucoup moins fort et le vortex polaire s’est désagrégé. Au lieu d’avoir une dynamique très puissante allant d’ouest en est, le jetstream s’est mis à faire des méandres qui sont descendues avec pour conséquences que des masses d’air polaires se sont échappées de la zone arctique pour atteindre des zones plus basses comme les Etats-Unis et l’Europe. Pascal Mormal, météorologiste à l’IRM, l’Institut royal météorologique constate : "Cet air froid renforce le phénomène climatique traditionnel appelé " Moscou -Paris " qui consiste en masses d’air continentales venues de l’est."


►►► Lire aussi : Vortex polaire : faut-il vraiment en avoir peur ?


Il poursuit : " Lorsque le jetstream ondule il provoque aussi des situations de blocage anticycloniques avec des masses d’air très froid à un moment donné ou des masses d’air doux comme celle que nous connaissons actuellement ce week-end. Cette situation risque de perdurer dans le temps vu que ce jetstream est un peu déréglé"

La faute au réchauffement climatique ?

Notre pays est plutôt caractérisé par des grandes variabilités avec un changement de temps relativement rapide. Le temps reste rarement pareil. Mais un jetstream affaibli amène plus de blocages anticycloniques. " C’est particulièrement vrai l’été, constate Pascal Mormal où nous vivons des périodes de canicule durable. Inversement, l’hiver il peut générer des périodes de froid qui perdurent. "

Selon Xavier Fettweis, le réchauffement climatique pourrait bien favoriser l’affaiblissement du jetstream : "Les contrastes thermiques arctiques diminuent avec le réchauffement climatique. Ils favorisent le crash du vortex polaire. Cela veut dire que, paradoxalement, nous pourrions avoir plus froid en hiver alors que nous vivons un réchauffement climatiquement mondial."

N'enterrons pas trop vite l'hiver

Les deux spécialistes sont formels. Nous ne devons pas enterrer trop vite l’hiver. A la mi-mars, nous pourrions encore connaître une période de froid polaire. Le printemps ne s’est pas encore installé de manière définitive.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK