Une première année de maraichage bio à Boneffe, dynamisme et système D contre canicule et sécheresse

Pauline Huyberechts en pleine récolte de courgettes
Pauline Huyberechts en pleine récolte de courgettes - © RTBF - Anaïs Stas

Avec sa salopette blanche aux motifs de légumes, son grand sourire et son dynamisme, Pauline Huyberechts arpente le champ qu'elle cultive. Du haut de ses 20 ans Pauline a lancé son activité de maraîchage bio en octobre dernier.

Pas un sou en poche, mais de l'audace. Si cette habitante de Mont-Saint-Guibert cultive des légumes à Boneffe c'est, si l'on en croit Pauline, parce que c'était écrit. "J'ai rencontré le propriétaire à un atelier sur le compost. Je lui ai parlé du projet. Il me prête le terrain". Ici pas de bail, pas de loyer, mais de la confiance et un échange de bon procédé. "Il habite ici, il se sert dans les cultures pour cuisiner, parfois il cuisine pour moi aussi" raconte-t-elle en éclatant de rire.

Ici, tout ou presque, est d'occasion, acheté sur un coup de chance. Et grâce à une campagne de crowdfunding, elle a réussi à rassembler environ 4000€ pour se créer un fond de roulement. "Je n'avais pas d'argent, pas de travail, 19 ans, aucune garantie, je n'ai même pas essayé les banques".

Excellente production d'été, catastrophe annoncée pour l'hiver

En quelques mois, Pauline a donc trouvé un terrain à cultiver et les moyens financiers pour acheter du matériel d'occasion: trois serres et un système d'irrigation. Un système qui tourne à plein régime cet été avec la sécheresse et la canicule. "Et ça va chiffrer, l'eau provient du réseau. Cette année je suis quand même à 14 litres d'eau par plant de tomates par semaine contre normalement 7 litres".

Le résultat est là, les 300 plants de tomates produisent 300 kilos de tomates par semaine. Les poivrons, les aubergines, les melons se portent à merveille. En pleine terre, les courgettes produisent également en quantité. Mais à quelques mètres de là, de pauvres tiges desséchées dépassent du sol. "Là c'était un chou romanesco, j'ai irrigué, le sol est humide, mais les rayons du soleil ... la plante a grillé".

Et les choux romanesco ne sont pas les seuls: les 6000 poireaux d'hiver que Pauline a repiqué ont grillé en 24 heures.

Canicule et sécheresse pour ses premiers mois d'activité

La toute jeune maraîchère fait face, pour sa première année d'activité, à un climat particulièrement extrême : sécheresse et canicule. Les légumes d'été, copieusement irrigués, produisent en quantité. Mais du côté des légumes d'automne et d'hiver c'est la catastrophe. "Les pertes sont énormes. Ce qui a survécu est trop hâtif. J'ai des choux rouges. Qu'est-ce que je fais avec des choux rouges maintenant ? Mes clients n'en veulent pas alors qu'il y a encore des tomates dans les serres !".

Pauline garde le sourire et cuisine des bocaux avec son surplus de production. Elle espère les vendre en automne et en hiver pour pallier les pertes financières.

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