Une première à Namur : le privé met des appartements à disposition du secteur public

L'ancienne moutarderie Bister où 3 des 30 appartements seront mis à disposition du secteur public
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L'ancienne moutarderie Bister où 3 des 30 appartements seront mis à disposition du secteur public - © Monika Wachter - RTBF

La société immobilière Cobelba vient d'obtenir le permis pour la transformation de l'ancienne moutarderie Bister à Jambes. Elle a en même temps signé une clause: elle accepte de mettre 3 appartements sur les 30 qui seront construits à disposition de l'agence immobilière sociale. Elle a signé ce que la ville appelle "l'engagement logement", un partenariat public/privé que tout le monde salue.

Namur est victime de son propre succès

Il y a beaucoup de projets immobiliers dans la capitale wallonne avec comme conséquence une augmentation importante du nombre d'habitations. Entre 2009 et 2014, 2.546 nouveaux logements ont été construits. Le nombre de kots étudiants a aussi fortement augmenté. Il est passé de 2800 en 2011 à 3350 en 2014.

Tout cela est très bien. Mais il y a un bémol. Namur n'atteint plus le taux de dix pour cent de logements sociaux exigé par la Région wallonne. Avec 50 600 ménages vivant aujourd'hui à Namur, il faudrait atteindre un quota de plus de 5000 habitations publiques. Mais la capitale wallonne n'en a que 4537. Et avec les projets immobiliers en cours, cet écart va aller grandissant. La conséquence est importante comme l'explique Stéphanie Scailquin, l'échevine du logement et de la cohésion sociale.

"Si on n'atteint pas ce quota des dix pour cent il y a des sanctions financières à la clé. On perd une manne financière importante pour la ville de Namur."

Cela équivaut à une perte de 900.000 euros par an que le Fonds des communes ne versera pas à Namur. Mais les sociétés de logements sociaux ne peuvent pas construire des logements à tour de bras. Elles ont des contraintes budgétaires et administratives, les procédures étant très lourdes et longues parce qu'elles doivent passer par des marchés publics. La ville a alors sorti un lapin de son chapeau : le partenariat avec le privé.

Toute personne qui demande un permis d'urbanisme est concernée

Mais l'échevine Scailquin le répète "L'engagement social" n'est pas une contrainte mais une demande. Et tout le monde n'est pas logé à la même enseigne.

"Une personne qui va construire sa maison pour sa famille n'est pas concernée par cet engagement logement. Aussi des personnes qui construisent jusqu'au troisième degré au niveau de la famille ne vont pas être impliquée. Mais toutes les autres personnes qui vont introduire une demande de permis d'urbanisme, on va les informer. Donc il n'y a pas d'obligation, on va les informer. On va les sensibiliser et on va discuter avec eux pour voir s'il est possible dans leur projet d'envisager cette mise en location via l'agence immobilière sociale."

Cobelba fait le premier pas

Le promoteur Cobelba a accepté ce défi. Nathalie Henry est la directrice du département immobilier.

"C'est une volonté de notre société d'être partenaire de la ville et de montrer que nous sommes aussi conscients de la difficulté des gens par rapport au coût du loyer actuel. Et donc ça a été un défi de dire que sur les 30 logements que nous allons réaliser sur le site de la moutarderie Bister nous nous engageons à mettre 3 logements à disposition de l'agence immobilière sociale. Ce sont des logements de grande qualité et qui seront mis en location avec un loyer d'environ 15 pour cent sous les loyers de référence."

L'agence immobilière sociale est enthousiaste

Joël Schallenbergh, le directeur de l'AIS salue ce partenariat avec le privé.

"ça nous apporte des contacts avec de nouveaux investisseurs, de nouveaux partenaires qui nous permettront d'obtenir des logements neufs et donc d'offrir à nos locataires des logements vraiment de qualité avec malgré tout un prix moins cher puisqu'il y a un effort qui est consenti par le promoteur sur le loyer et il y a une aide de la région wallonne qui vient s'ajouter à cet effort."

Un appartement public trois chambres sera donc loué dans l'ancienne moutarderie Bister au prix de 700 euros, moins une centaine d'euros d'aide de la région wallonne. Les logements créés par ce biais s'adressent surtout aux ménages avec un revenu moyen, comme par exemple les familles monoparentales qui représentent un tiers des foyers namurois.

 

 

 

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