Une famille de Profondeville honorée pour avoir caché François Englert en 1942

Tous ont été honorés hier à titre posthume, élevés au rang de "justes parmi les nations".
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Tous ont été honorés hier à titre posthume, élevés au rang de "justes parmi les nations". - © RTBF

Cérémonie d'hommage émouvante mercredi à Profondeville : l’ambassadrice d'Israël en Belgique et le prix Nobel de Physique (2013) François Englert étaient présents. Ce dernier a été sauvé de la déportation par une famille du village de Lustin, qui l'a caché en 1942. Il s'agit de la famille Jourdan. D'autres personnes ont également été honorées hier pour avoir caché des juifs dans les années 40: Achille Moreels, un voisin de la famille Jourdan et l’abbé Warnon d’Annevoie. Tous ont été honorés à titre posthume, élevés au rang de "justes parmi les nations".

François Englert, aujourd’hui âgé de 84 ans, a longtemps voulu garder sous silence cette enfance d'enfant caché. "Ce sont des expériences qu’il est souvent préférable d’oublier pour vous permettre de vivre."

Je n’en ai d’ailleurs pratiquement jamais parlé

"Mais finalement, quand on devient plus âgé, on a tout de même envie de revenir et revoir. Et, surtout, rendre justice à ceux qui le doivent. Car ils m’ont sauvé la vie ! Ces gens font partie d’une certaine manière de moi."

Claudine Grévesse est la fille d'Yvonne Jourdan, de Lustin, qui - avec ses parents - a caché François Englert lorsqu’il avait 9 ans.

"Ma mère a parlé d’un petit garçon juif qui s’appelait François. Mais elle en parlait très peu, de même que le fait qu’elle était résistante (…) J’imagine que quelque part, elle a dû prononcer un jour le nom de " François Englert " parce que lorsqu’il a reçu son prix Nobel, ça a déclenché quelque chose en moi, dans ma tête. Mais je n’étais pas sûr… Et vous imaginez qu’avec la renommée qu’il avait, c’était délicat d’en parler. Finalement, c’est grâce à une amie commune qui m’a dit un jour que François Englert " n’a jamais parlé de cette période de sa vie, qu’il n’était pas prêt "… Petit à petit, à force de rencontres, on nous a dit qu’il avait déjà fait une recherche, qu’il avait retrouvé ma mère mais comme elle était décédée, il n’a pas osé aller plus loin. Alors, j’ai demandé à mon amie si je pouvais entrer en contact avec lui. Et c’est comme ça que nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre, sans se connaître. C’était un moment magnifique!"

Le témoignage de François Englert au micro de Laurence Lenne

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