Un Namurois veut arracher le bouclier des super-bactéries

Un Namurois veut arracher le bouclier des super-bactéries
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Un Namurois veut arracher le bouclier des super-bactéries - © RTBF - Anaïs Stas

Connaissez-vous les super-bactéries ? Elles ont une étonnante capacité à développer des résistances aux antibiotiques. A ce petit jeu, l’Acinetobacter baumannii est une championne. Elle est classée depuis 2017 par l’OMS au premier rang des pathogènes prioritaires. Derrière ce nom barbare se cache un cauchemar pour les hôpitaux : une bactérie devenue résistante à presque tous les antibiotiques et qui s’épanouit en milieu hospitalier. Une bactérie qui résiste très bien à la sécheresse et aux désinfectants. Elle est en fait omniprésente mais est mauvais pathogène. En bref, elle a du mal à infecter les gens. Il faut la prendre par la main pour qu’elle réussisse à infecter quelqu’un. Les hôpitaux, ces lieux où des patients fragilisés, opérés sont réunis, sont donc synonymes de paradis pour elle. Le 4 février, elle a d’ailleurs causé la mort de deux personnes à l’hôpital Epicura d’Hornu.

Un Namurois, le docteur Charles Van der Henst a reçu il y a deux ans, une bourse européenne pour étudier et comprendre le fonctionnement de cette bactérie. Ces recherches lui ont permis de découvrir son fonctionnement : seulement 25% de son ADN est stable, 75% changent continuellement. Elle est donc capable d’attraper et d’assimiler l’ADN d’autres organismes pour se modifier.

A partir de ce constat, le jeune chercheur travaille simultanément sur 50 souches différentes pour tenter de trouver un composé qui réagit, de préférence, avec la totalité d’entre elles. "Un composé efficace sur une seule souche n’est pas intéressant" explique-t-il. Son travail en partenariat avec le CHU Godinne et l’UNAMUR lui a permis de découvrir deux potentiels antibiotiques à cette bactérie. Mais un nouvel antibiotique ce sont des années de tests cliniques. "Et puis la bactérie développera rapidement de nouvelles résistances vu sa nature". Il souhaite donc changer son fusil d’épaule. "Je recherche des anti-résistants et des anti-pathogènes, soit pour empêcher la bactérie de résister, soit pour l’empêcher d’infecter les gens". L’avantage de ces composés c’est qu’ils ne seraient pas injectés aux patients mais seraient utilisés pour traiter le matériel hospitalier (gants, table d’opération etc.). Charles Van der Henst est depuis janvier chef de laboratoire à la VUB, à la tête d’une petite équipe, il va travailler sur ces deux pistes durant les cinq prochaines années.

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