Un jeune réfugié marocain menacé d'expulsion et c'est une classe de rhétos qui se mobilise

A l'institut de la Providence à Champion, les jeunes de rhétorique et leur professeur de français Dominique Rappe ne comprennent toujours pas ce qui arrive à Mohammad, jeune réfugié marocain.

"Cet homme est ici depuis deux ans, il a su s'intégrer en prenant part à différents projets de société, dans le théâtre, l'expositions, il a même travaillé pour la Province et voilà qu'aujourd'hui, il reçoit un avis d'expulsion. Une obligation de retourner dans son petit village berbère où comme il le dit lui même, il n'y a rien", ajoute l'une des jeunes filles présentes.

C'est l'indignation et même un peu la révolte chez certains qui ont rencontré Mohammad et partagé avec lui plusieurs heures de travail pour réaliser le projet théâtral présenté il y a quelques mois déjà. "Pourquoi lui et pas un autre, s'interroge Alexandre. C'est du pur délire."

La volonté de Mohammad est claire : il veut un monde meilleur, avec des écoles, des hôpitaux et un certain confort et il est prêt à travailler pour y arriver. "Mais si je retourne au pays, je dois aussi dire que, même si ce n'est pas la guerre là bas, nous sommes, nous Berbères, victimes d'une certaine forme de racisme de la part des Arabes. Nous parlons arabe, mais eux ne parlent pas Berbère. Ce sont eux qui sont arrivés prendre nos terres alors que nous étions là bien avant eux", argumente Mohammad.

De tout cela, les jeunes rhétoriciens n'en ont sans doute pas connaissance. Ils sont juste "choqués" par la manière dont les choses se passent. "J'ai l'impressionque l'on trouve facilement des excuses pour les renvoyer alors qu'il y a de bonnes raisons de les garder et de les accueillir dignement, nous confie Manon. Ce sont des  humains comme nous. Je ne vois vraiment pas ou est le problème quand quelqu'un comme Mohammad s'est intégré depuis le départ. C'est révoltant."

Mohammad aurait dû quitter le territoire ce lundi, mais via son assistante sociale il a introduit une demande pour prolonger sa durée de séjour. Il est donc, tout comme les étudiants, dans l'attente de son avenir. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK