Un frigo solidaire à Namur? Oui, mais pas n'importe comment

L'ASBL Une main tendu distribue des colis alimentaire et voulait lancer un frigo solidaire
3 images
L'ASBL Une main tendu distribue des colis alimentaire et voulait lancer un frigo solidaire - © Hugues Van Peel - RTBF

Didier Arnouts est l’une des chevilles-ouvrières de l’association Une Main Tendue installée dans un vieil atelier derrière la gare de Namur. Il supervise notamment la confection et la distribution de colis alimentaires à quelque 1 152 ménages en difficulté.

Récemment, avec l’appui de la ville, il a voulu lancer un autre projet au bénéfice des plus démunis, un frigo solidaire, comme il en existe ailleurs en Wallonie. Le concept est simple: toute personne qui dispose chez elle de surplus alimentaires peut venir les déposer dans ce frigo accessible à toute personne qui ne mange pas à sa faim.

Mais Didier Arnouts a finalement fait marche arrière après un contact avec l’AFSCA, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. "Ce qui nous été dit, c’est que cela partait d’une excellente intention, mais que c’était une très mauvaise idée, explique-t-il. Notamment parce qu’il n’y a pas de traçabilité des produits qui sont mis dans le frigo. Par exemple, si quelqu’un vient déposer des yaourts, on ne sait pas d’où ils viennent, comment ils ont été conservés avant ou transportés".

Et la traçabilité des produits n’est pas le seul problème soulevé par l’AFSCA. Il y a aussi l’entretien du frigo et le respect de la chaîne du froid. Formellement, l’agence n’a pas interdit l’installation du frigo solidaire mais ses réserves ont découragé l’association qui n’était pas en mesure d’offrir toutes les garanties.

"Nous le regrettons parce que notre but, c’est que plus personne n’ait faim, poursuit Didier Arnouts. Hélas, on est en 2017 et il y a encore des gens qui ont faim à Namur".

Du côté de l’AFSCA, on affirme pourtant soutenir ce genre d’initiative. Mais il y a des règles à respecter. "Tout le monde souhaite qu’on atteigne les objectifs en ce qui concerne le gaspillage alimentaire et l’entraide sociale, mais cela ne peut pas se faire au détriment de la santé publique et de certains consommateurs qui tomberaient malades, explique Jean-Sébastien Walhin, le porte-parole de l'AFSCA. Par exemple, on ne peut pas placer dans un frigo public des saucisses dont la date limite de consommation est dépassée depuis quatre jours, et les emballer dans un papier aluminium en se disant que cela fera plaisir à quelqu’un. On est clairement dans une situation où il y aura une intoxication alimentaire".

Quelques règles élémentaires

Dès lors, l’AFSCA dispense quelques conseils pour la réussite d’un tel projet. "Il faut toujours désigner un responsable du frigo pour qu’on sache à qui s’adresser en cas de problème, poursuit Jean-Sébastien Walhin. Il faut aussi s’assurer de la bonne hygiène du frigo et surtout de sa température". Quant à la provenance des produits, "il faut arriver à garantir un minimum ce qui peut se trouver dans ces frigos".

A Namur, il y aura peut-être malgré tout un frigo solidaire très bientôt. D’autres associations et citoyens s’attèlent, dans l'ombre, à l’élaboration d’un nouveau projet.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK