Un chercheur de l'UNamur veut rendre inoffensive la super-bactérie qui inquiète les hôpitaux

Une redoutable bactérie, baptisée Acinetobacter baumannii, inquiète le secteur de la santé depuis des années. Résistante aux antibiotiques et à toutes les stratégies d’éradication mises en place dans les hôpitaux, elle peut provoquer des infections mortelles, principalement chez les personnes en situation de faiblesse immunitaire.

La situation est à ce point préoccupante que l’Organisation mondiale de la Santé l’a classée en 2017 en tête de liste des agents pathogènes à combattre en priorité. La liste de l’OMS comporte trois catégories, selon l’urgence: critique, élevée ou moyenne. Acinetobacter fait partie de la première.

Jusqu’à présent, la recherche s’est intéressée, sans succès, à la résistance de cette bactérie aux antibiotiques. On n’a pas encore réussi à mettre au point un médicament qui permettrait de soigner les patients malades.

Neutraliser la bactérie sans la supprimer

Mais un infectiologue de l’Université de Namur va peut-être faire avancer la recherche. Il propose une autre approche: si on ne parvient pas à se débarrasser de cette bactérie une fois que le patient est infecté, neutralisons-là pour éviter l’infection. En la décortiquant, le chercheur veut comprendre pourquoi elle nous rend malade, comment elle nous infecte, afin, à terme, de développer des mécanismes qui permettraient de la rendre inoffensive, sans pour autant la supprimer.

"En général, quand on parle de bactéries, les gens ont un a priori négatif, explique Charles Van der Henst. Mais les bactéries ne sont généralement pas nocives pour l’homme. Ce sont les bactéries pathogènes qui sont problématiques. Donc l’idée de la recherche, c’est de retirer de l’équation le mot pathogène".

Ce projet vient de recevoir un financement européen, une prestigieuse bourse "Marie Sklodowska-Curie". Il  implique plusieurs centres de recherche et laboratoires de l’Université de Namur, ainsi que le CHU UCL Namur, à Godinne, où est situé le centre de référence national de la fameuse bactérie.

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