Pourquoi les oiseaux sont si rares cet hiver ?

La mésange bleue est la grande absente des jardins
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La mésange bleue est la grande absente des jardins - © Rachel Delmelle

Après les premières vagues de froid début janvier, les rouges-gorges, merles et autres grives commencent à visiter les mangeoires. "Mais ce n’est pas le cas pour toutes les espèces et pas de la même manière que lors d'une année "normale" dit Natagora. Pour comprendre ce phénomène, l'association de protection de la nature a besoin de l'aide des particuliers. Elle les invite comme chaque année depuis 2004 à compter ce weekend les oiseaux qui visitent leurs jardins. L’opération "Devine qui vient manger au jardin" permet à Natagora d’obtenir chaque année à la même date des observations dans plusieurs milliers de jardins en Wallonie et à Bruxelles. Ces données sont essentielles pour les spécialistes.

La nourriture encore en abondance ?

Fabien Dormal est un amoureux des oiseaux et de la nature. Il habite sur les hauteurs d'Andenne et observe avec passion les visiteurs qui viennent picorer les graines de sa mangeoire. Il est membre de la section Aves de Namur, le pôle ornithologique de Natagora. "Une hypothèse est qu'il y a peut-être encore assez de nourriture dans les forêts etc. Il reste beaucoup de baies dans les haies. Les hêtres ont aussi eu une bonne fructification."

La mésange absente des jardins

La mésange est la grande absente des mangeoires. "On observe cette année que pour certaines espèces il y a moins d'individus dans les jardins, surtout les mésanges" explique Fabien Dormal. "Cela pourrait être à cause du printemps passé. Il a été particulièrement pluvieux ce qui a eu comme conséquence une mortalité élevée des nichées." Mais pas de panique, "la mésange est une espèce qui fait deux ou trois nichées sur une année. Donc, il suffira peut-être que le printemps prochain soit bon et les populations vont à nouveau augmenter. Donc ce n'est pas très problématique."

Une heure d'observation est déjà suffisante pour donner des indications intéressantes à Natagora. Vous trouverez toutes les explications sur leur site.

Les premiers résultats sont tombés ce samedi soir

1200 personnes ont déjà rempli le formulaire de recensement avec leurs observations sur les six à sept mille qui y participent en moyenne. Cette 14e édition confirme les premières craintes. Jean-Yves Paquet est ornithologues chez Natagora. "Dès les premiers résultats, on voit des choses toute à fait inhabituelles. Pour environ 15 espèces, on est au minimum historique. Et surtout ce qui est préoccupant c'est que sur les dix espèces les plus communes, on est à six dont c'est le minimum historique cette année. Par exemple la mésange charbonnière qui est normalement présente dans 90 pour cent des jardins, cette année, pour la première fois depuis 14 ans, elles ne sont apparemment que dans 75 pour cent des jardins."

La Belgique n'est pas un cas unique

Ce phénomène s'observe également dans nos pays voisins. "Cette année, on a vraiment eu une très mauvaise saison de reproduction au printemps. Les conditions météo étaient catastrophiques pour les oiseaux et les insectes dont ils se nourrissent à cette époque-là."

 

 

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