Pesticides: une zone "tampon" dès juin 2018? Oui, mais la loi doit être adaptée

A partir du 1er juin 2018, il sera en effet interdit d'utiliser des pesticides dans les endroits fréquentés par des groupes qualifiés de "vulnérables".
A partir du 1er juin 2018, il sera en effet interdit d'utiliser des pesticides dans les endroits fréquentés par des groupes qualifiés de "vulnérables". - © Tous droits réservés

Il faut des zones "tampons" pour protéger les écoles des épandages de pesticides. C'est ce qu’a déclaré le ministre de l'Environnement Carlo Di Antonio (cdH) au Parlement Wallon, il y a deux semaines, en réponse à une question posée par une députée à propos de l'école de Cortil-Wodon, à Fernelmont.

Selon le ministre, dès 2018, il faudra respecter une distance de 50 mètres autour des écoles, mais aussi autour des crèches, des hôpitaux ou des maisons de retraite.

Le problème est que cette obligation, dans l'état actuel du droit wallon, ne concerne pas les agriculteurs.

A partir du 1er juin 2018, il sera en effet interdit d'utiliser des pesticides dans les endroits fréquentés par des groupes qualifiés de "vulnérables" : les crèches, les écoles ou encore les maisons de repos. Et l'arrêté wallon va même plus loin : une zone "tampon" de 50 mètres devra même être respectée autour de ces lieux sensibles; à condition, ajoute le texte, que cette zone n'empiète pas sur la propriété des voisins. Ce qui change tout…

Une règle qui n'est pas la même pour tous

Cela signifie que l'obligation de lever le pied avec les pesticides pèse sur le jardinier de l'école ou de la crèche, mais pas sur l'agriculteur d'à côté.

Dans le cas de l'école de Cortil-Wodon, à Fernelmont, où un champ jouxte immédiatement la cour de récréation, cette nouvelle réglementation n'interdira pas à l'agriculteur de pulvériser ses pesticides jusqu’à la limite de son champ.

Le ministre de l'Environnement Carlo Di Antonio, apparemment, a l'intention de corriger ce texte pour que la zone "tampon" de 50 mètres soit effectivement respectée, y compris par les agriculteurs. Son projet risque d'être froidement accueilli par le monde agricole.

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