Jugé pour viol et meurtre, Xavier Van Dam invoque son droit au silence devant les assises

Ce lundi matin, la cour d’assises de Namur a entamé le procès de Xavier Van Dam, accusé de séquestration, viol, et assassinat sur Wivinne Marion. 

On attendait beaucoup de l'interrogatoire de l'accusé, mais celui-ci a tourné court en ce qui concerne les principales questions qui se posent autour des circonstance de l'assassinat de la pédiatre du CHR de Namur.

Si Xavier Van Dam a rapidement reconnu sa culpabilité, il a tout de suite invoqué son droit au silence. Le président de la cour d'assises lui a rappelé que ce droit au silence pouvait être interprété comme une fuite et qu’il devait assumer ce choix. Il lui a également signalé que les deux enfants de la victime attendaient toujours des réponses à leurs nombreuses interrogations. Mais cela n'a pas empêché Xavier Van Dam de rester silencieux. Quand le président lui demande s'il connaissait la victime, l'accusé répond : "Je ne souhaite pas répondre, je souhaite que mon droit au silence soit respecté." Mais l'accusé peut toujours revenir sur son droit au silence pendant toute la durée du procès. 

Ce matin pourtant lors du début de son interrogatoire Xavier Van Dam avait commencé par expliquer : "Je suis d’accord de prendre mes responsabilités mais je n’explique toujours pas ce qui est arrivé". L'accusé ne semblait pas intimidé par le président de la cour d’assises.

Il a tout d'abord répondu aux questions du président à propos de sa jeunesse et de son enfance. Une période de sa vie assez chaotique. Van Dam est né de père inconnu. L'accusé l'a retrouvé alors qu'il était adolescent mais son géniteur a refusé de le reconnaître. Le trentenaire a vécu avec sa mère chez ses grands-parents qui l'ont élevé comme leur fils. Le Namurois fond en larmes lorsqu'il évoque le souvenir de ceux-ci, leurs décès l'ayant profondément marqué vu le rôle qu'ils ont joué durant son enfance, son grand-père ayant été un père pour lui. 

Il a également abordé ses divers ennuis avec la justice. Van Dam a déjà été condamné par la justice à plusieurs reprises. Deux fois par le tribunal de police pour excès de vitesse, conduite en état d'ivresse et délit de fuite, et deux fois par le tribunal correctionnel. La première pour vente de cannabis ("Je vendais pour consommer gratuitement") et la seconde pour des coups et une violation de domicile. 

Maintenant que l'interrogatoire de l'accusé est terminé, place aux enquêteurs et aux experts de la police scientifique. L’appel du fermier qui a donné l’alerte a notamment été diffusé ainsi que les échanges radio des forces de l’ordre. Ensuite ce sera au tour des médecins légistes ,et des psychiatres de prendre la parole. 90 témoins sont attendus pendant toute la durée du procès. 

Une amnésie peu crédible

Ce matin, la session d’assises avait débuté avec la lecture de l’acte d’accusation par l’avocat général Audrey Seminara qui a retracé les faits et l’enquête.

L’affaire remonte au premier novembre 2018. Ce jour-là peu avant 9 heures, un agriculteur a surpris l’accusé, Xavier Van Dam, en train de donner des coups et d’étrangler une femme avant de la charger dans le coffre de sa voiture. L’agriculteur, témoin de la scène, relève partiellement la plaque d’immatriculation du véhicule et prévient la police. Les forces de l’ordre entament alors des recherches dans la région de Namur. La voiture de Van Dam est rapidement repérée au bord du hallage, à Flawinne. Le temps que les policiers se rendent sur les lieux, l’accusé a précipité le véhicule dans la Sambre. Celle-ci contenait le corps de Wivinne Marion.

Arrêté par les policiers, l’accusé explique qu’il est sorti la veille dans une soirée jusque 5 heures du matin. Il a ensuite évoqué un trou noir lié à sa consommation d’alcool et le fait de s’être réveillé couvert de sang sur un parking à Onoz. C’est à ce moment qu’il aurait découvert le corps de Wivinne Marion dans son coffre et aurait tenté de s’en débarrasser, pris de panique.

L’autopsie de la Namuroise a révélé un traumatisme cranio-facial et des manœuvres strangulatoires manuelles. Wivinne Marion était déjà décédée avant que l’accusé ne précipite son véhicule dans la Sambre. Selon les analyses toxicologiques, Xavier Van Dam avait consommé de l’alcool et de la cocaïne le soir des faits. Selon les expertises psychiatriques et psychologiques de Xavier Van Dam, son amnésie affirmée apparaît peu crédible. Les quantités de toxiques absorbées avant les faits ne sont pas de nature à avoir provoqué une telle amnésie. Des traits manifestes de personnalité psychopathique sont relevés.

Journal télévisé 13H

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