Namur: un camping en ville pour dénoncer le règlement anti-mendicité

Les SDF qui avaient manifesté vendredi ont passé la nuit sur la place d'Armes, avant un nouveau rassemblement prévu ce samedi
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Les SDF qui avaient manifesté vendredi ont passé la nuit sur la place d'Armes, avant un nouveau rassemblement prévu ce samedi - © Hugues Van Peel - RTBF

Plusieurs dizaines de personnes se sont réunies ce vendredi en fin d'après-midi sur la Place d'Armes, en plein cœur de Namur. Elles voulaient dénoncer le règlement anti-mendicité adopté la semaine dernière par le conseil communal. C'est un SDF, Ludwig Simon, qui est à l'origine de ce rassemblement.

"Ce qu'on veut faire passer comme message, c'est surtout qu'on ne doit pas avoir peur des SDF. On doit instaurer une discussion pour qu'on régule la mendicité, mais pas pour qu'on l'interdise. On est tous au courant qu'il y a des problèmes de traite d'êtres humains, qu'il y a des problèmes de mendicité agressive et d'alcoolisme. Tout le monde le sait. Mais ce n'est pas en interdisant la chose que cela va arranger quoi que ce soit. Au contraire, il y aura plus de gens debout encore pour vous demander des choses".

Dans la foule, venus écouter les discours et manifester leur soutien, plusieurs membres du mouvement LST (Luttes Solidarités Travail). "C'est un choix que j'ai fait il y a 25 ans de me battre au quotidien avec les plus pauvres, explique Madeleine. Je trouve que leurs droits ne sont pas respectés, que leur voix n'est pas entendue. Et donc je suis là pour les aider. Tout seul, on ne fait pas grand chose. A beaucoup, on peut culbuter les montagnes".

"Avec ce règlement anti-mendicité, on essaie de cacher la pauvreté, ajoute Delphine. C'est la même chose avec les milliers d'exclusions du chômage. Mais si on fait ça, ce sera difficile d'avancer vers un monde plus juste. Si on fait la chasse aux pauvres et pas une lutte structurelle contre la pauvreté, on se trompe d'enjeu".

L'échevine interpellée

Egalement présente, l'échevine de la cohésion sociale, Stéphanie Scailquin, est venue écouter les discours. Plusieurs participants l'ont interpellée directement, lui demandant de s'expliquer. "La décision n'a pas été facile à prendre et je comprends les craintes des uns et des autres, indique-t-elle. Mais pour l'instant, je rappelle que les acteurs de terrain, que ce soit la police, les gardiens de la paix, les stewards, les travailleurs sociaux, vont à la rencontre des personnes qui sont dans la rue pour les informer de la décision du conseil communal, et pour les informer aussi sur les différents services qui peuvent les aider et les accompagner. Car même si cette interdiction a été décidée, je rappelle que le travail social au bénéfice des personnes fragilisées ne s'arrête pas". Face à l'insistance de certains, l'échevine a accepté de recevoir lundi matin une délégation des SDF.

Le rassemblement a pris fin aux alentours de 19 heures. Mais les SDF et plusieurs de leurs soutiens sont restés sur place. Ils ont même fini par déplier quelques tentes y pour passer la nuit. Un autre rassemblement aura lieu ce samedi après-midi.

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