Namur : les étudiants en médecine poursuivent malgré l'hécatombe

De nombreux étudiants namurois en première année de médecine ont décidé de continuer leur année "normalement" malgré leurs échecs lors de la première session d'examens.
De nombreux étudiants namurois en première année de médecine ont décidé de continuer leur année "normalement" malgré leurs échecs lors de la première session d'examens. - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Les chiffres complets seront bientôt dévoilés par les doyens des facultés de médecine, mais l'échantillon d'étudiants inscrits à l'université de Namur est déjà assez représentatif. Sur 700 étudiants en première année de médecine, une grosse centaine seulement ont réussi tous leurs examens de janvier, avec une moyenne de dix sur vingt ou plus. Ces étudiants peuvent donc se concentrer pleinement sur les cours du deuxième quadrimestre qui viennent de démarrer.

Par contre, près de 600 étudiants sont ajournés pour un ou plusieurs examens. Ceux qui ont le plus lourdement échoué (avec une moyenne inférieure à 8/20) ont même reçu un avis de réorientation de l'université. "Nous leur disons : ne perdez pas de temps, précise le doyen Yves Poumay. On voit bien que les diriger vers le concours de médecine organisé en fin de première année, où seuls les 133 premiers recevront l'attestation pour passer en deuxième année, c'est peine perdue. Pour ces étudiants, il est probablement temps de réfléchir et de choisir une autre filière d'étude."

Quatre-cents étudiants ont reçu un tel avis de réorientation. Les "bisseurs" n'ont pas le choix. Ils doivent changer d'études. Les autres, ceux qui sont inscrits pour la première fois en premier baccalauréat, peuvent outrepasser cet avis, en étalant leur première année sur deux ans. Ce qui ne les dispense évidemment pas du concours, qu'ils passeront dès lors dans un an et demi.

D'après nos informations, ils sont très nombreux à avoir fait ce choix. La plupart des étudiants en échec décide de poursuivre la médecine malgré les nuages amoncelés au-dessus de leur tête.

"Parce que j'ai toujours voulu faire la médecine, explique Margaux. Mais je n'ai pas appris à travailler dans l'enseignement secondaire. Je n'ai pratiquement pas étudié au premier quadri et j'ai déjà 7 de moyenne. Je me dis que ça serait bête d'arrêter sans avoir vraiment essayéTrois mois, ce n'est pas assez pour savoir si on est capable de réussir ces études, renchérit Gilles. Nous avons une chance de nous rattraper, il faut la saisir."

Selon les statistiques des années antérieures, cette chance est mince. Mais qui osera leur reprocher de vouloir la saisir ?

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