Namur: le gel ravage une partie des fraisiers, de Wépion à Boninne

Après les vignes, les poiriers, les pommiers,... les fraisiers. Le gel du mois dernier n'a décidément pas épargné les cultures. Plusieurs pays européens enregistrent d'importantes pertes. En Belgique aussi, les producteurs accusent le coup.

A Wépion, le royaume de la fraise wallonne, de nombreuses parcelles ont été touchées. "C'est la production de juin qui a été impactée", explique Luc Warnez, producteur de fraises à Wépion. "En clair, en juin prochain, nous récolterons seulement 50% des fraises. La moitié des fleurs de cette production est détruite par le gel. Malgré les bâches de protection, la température est descendue à -3°. Heureusement, la récolte de mai est bonne. Et nous espérons qu'il en sera de même pour celle de juillet. Grâce à nos 16 hectares de fraisiers, notre saison sera sauvée. Mais les 15% de fraises habituellement vouées à l'exportation seront annulés. Ce coup de froid est exceptionnel. Nous redoutons tout de même perdre 100 000 euros à cause du gel."

Jusqu'à 90% de pertes 

A Boninne, près de Namur, Christophe Tasiaux accuse le coup. "Les fraisiers en extérieur sont détruits. 90% des fleurs sont gelées. Et même les 3/4 des fraisiers sous tunnels sont touchés. C'est une année catastrophique. Il a fait trop doux; la végétation était en avance. Puis, d'un seul coup, ce gel a tout gâché. Ici, la température est descendue à -6°! Nous n'avons pas réussi à sauver notre production. Personnellement, je vais perdre des milliers d'euros".

En juin, le prix des fraises risque fort d'augmenter. Une augmentation qui sera partiellement conditionnée par la production des pays voisins. La France a également souffert du gel. Mais il faudra voir comment le marché allemand va se comporter; car selon Luc Warnez, "c'est l'Allemagne qui donne le ton sur les marchés de la fraise, à grande échelle".

"Pas sur les petits marchés locaux", précise Christophe Tasiaux.

Après avoir reçu la visite d'un expert venu constater les dégâts, le producteur de Boninne espère obtenir une indemnisation via le Fonds des calamités. Il veillera en tout cas à éviter une autre mauvaise surprise: une taxation sur une non-production. "Je devrai m'assurer que le fisc tienne bien compte des pertes dues au gel", précise le producteur local. 

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