Namur: intervention musclée de la police pour déloger des mendiants, le public choqué

La police est intervenue ce samedi après-midi sur la place d'Armes, en plein cœur de Namur, pour déloger les mendiants qui y étaient installés depuis la veille. En réalité, les forces de l'ordre ont d'abord tenté de dialoguer avec eux pour qu'ils démontent les tentes qu'ils avaient déployées sur la place, mais sans résultat.

L'un des SDF a été embarqué manu militari, ce qui a suscité la colère de ses compagnons de la rue et l'incrédulité des passants qui ont assisté à la scène. "Hon-teux, Hon-teux, hon-teux", scandait la foule présente.

"Je suis très choquée, c'est la première fois de ma vie que j'assiste à une telle scène. Je trouve ça horrible, effroyable", disait une dame encore sous le choc.

Son voisin renchérissait: "Je trouve ça vraiment honteux, parce que ce sont des gens qui sont dans le besoin, on ne fait déjà rien pour eux au départ pour les aider. Il y a une façon d'agir, on est quand même tous des êtres humains, ça fait mal au coeur à tout le monde".

Sur les réseaux également, des citoyens marquaient leur désaccord.

Vendredi en fin de journée, un rassemblement de mendiants s'était déroulé à cet endroit, dans le calme, pour dénoncer le règlement anti-mendicité adopté récemment par le conseil communal. Dans la foulée, certains participants y ont passé la nuit. Mais la présence des tentes a gêné les autorités qui ont donc décidé d'intervenir pour y mettre fin.

Le SDF interpellé samedi a finalement été remis en liberté sur le coup de 21h30. Il a fait part son intention de porter plainte, estimant son interpellation abusive. Il a cependant déclaré avoir été bien traité par la police durant sa détention.

Que les mendiants soient logés pendant la fermeture de l'arrêt de nuit

Samedi soir, les contestataires étaient toujours place d'Armes. Leur action, précisent-ils, s'arrêtera lorsque le bourgmestre empêché, Maxime Prévot, tiendra la promesse qu'il leur a faite, à savoir que "tous les mendiants soient logés, nourris et douchés durant la durée de l'arrêté, ceci alors que l'abri de nuit est fermé durant quatre semaines durant l'été".

Ni Maxime Prévot, ni Anne Barzin, la bourgmestre faisant fonction, n'étaient joignables samedi soir pour commenter les événements.

Lundi, une rencontre aura lieu entre les protestataires et Stéphanie Scailquin, échevine de la cohésion sociale à Namur.

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