Namur dans les pas du peintre Franz Kegeljan, 100 ans après sa mort

Namur dans les pas du peintre Franz Kegeljan
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C’est un nom qui résonne familièrement dans l’oreille des Namuroises et des Namurois. Franz Kegeljan, dont Namur célèbre le centenaire du décès cette année. De Salzinne à Namur, de la place d’Armes à la rue de Fer, nous avons marché dans les pas de ce peintre historien, passionné d’archéologie, dont l’œuvre – confidentielle – reste très méconnue des habitants de la capitale wallonne.

L’hôtel particulier de la rue de Fer

Franz Kegeljan naît à Namur en 1847. Ce fils de banquier, rentier, se consacre pleinement à la peinture. Avec son épouse, Louise Godin, il érige, en 1878, un hôtel particulier. L’édifice de style néorenaissance, fait partie des plus belles façades de la rue de Fer. Au fil du temps, il a connu différentes fonctions et abrite aujourd’hui le cabinet du bourgmestre de Namur.

C’était la demeure et l’atelier de Kegeljan et c’est l’hôtel de Ville de Namur depuis la fusion des communes ", explique Maxime Prévot. " Mais ce bâtiment fut aussi le siège provisoire du premier ministre-président wallon, Bernard Anselme, avant de s’installer à l’Elysette ", rappelle le bourgmestre.

Deux tableaux de l’artiste namurois sont toujours accrochés dans la salle de réunion, voisine du bureau du bourgmestre : " Un premier de 1915 qui représente la Citadelle et un second avec toujours la Citadelle sur le flanc Meuse. Souvent je demande à mes visiteurs de reconnaître les lieux ", sourit Maxime Prévot.

Un enfant malade à l’origine de l’hospice Kegeljan

Kegeljan c’est aussi un nom qui évoque Salzinne et l’Avenue de la Marlagne. De son union avec Louise Godin, naît un fils. Mais ce dernier, prénommé Fernand, meurt prématurément à l’âge de 17 ans. En souvenir de cet enfant malade, Louise et son beau-père, Ferdinand Kegeljan, fondent un hospice pour les enfants tuberculeux et rachitiques.

Le bâtiment de l’ancien hospice Kegeljan abrite désormais le siège fédéral du parti Ecolo.

L’œuvre d’une vie détruite par la guerre

Sur la place d’arme, notre promenade sur les traces de Kegeljan nous emmène sur le plancher de la place d’Armes. En lieu et place du bâtiment de l’actuelle bourse, se trouvait l’ancien Hôtel de ville de Namur. Franz Kegeljan a légué une vingtaine de tableaux à la ville. La collection est hébergée dans ce bâtiment.

Quand la guerre éclate, en 1914, l’édifice est incendié par les troupes allemandes. L’ensemble des œuvres périront dans le sinistre. " Franz Kegeljan avait peint une vingtaine d’œuvres représentant Namur à différentes périodes historique, du Moyen Âge au 19e siècle ", explique Stéphanie Scieur, historienne de l’art.

Après la guerre, Kegeljan est en fin de vie mais il rassemble ses dernières forces et se remet au travail : " Il va reconstituer sa collection et même l’étoffer pour l’offrir, une seconde fois, aux Namurois. Nous sommes à la fin de l’année 1920. Il décède quelques mois plus tard, le 30 mars 1921 ", poursuit l’historienne de l’art.

Un amoureux de Namur

L’artiste était un amoureux de sa ville : " c’était un homme discret. On n’a qu’une seule photo de lui " confirme Stéphanie Scieur. " C’était un féru d’archéologie, membre de la société archéologique de Namur. Il s’intéresse de près à l’histoire de sa ville. "

La réputation de Franz Kegeljan n’a jamais vraiment dépassé les frontières namuroises. Pourtant, ce rentier, fils de banquier, a voyagé : " Comme il est asthmatique, il a beaucoup voyagé pour suivre des cures aux quatre coins de l’Europe. Il va en Italie, France, en Allemagne et découvre des villes au passé historique et militaire, qui lui rappelle sa cité natale. Il n’a pas fait que des vues de sa ville. Il a aussi peint des paysages et bien d’autres choses ", conclut Stéphanie Scieur.

À l’occasion du centenaire du décès de ce peintre historien, une application disponible sur visitnamur.be permet de parcourir la ville au travers des œuvres et des points de vue choisis par Franz Kegeljan pour représenter Namur à travers le temps.

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