Matériel vieillissant et manque d'effectifs au menu des bons vœux de la magistrature namuroise

Le palais de justice de Namur.
Le palais de justice de Namur. - © Bia Bouquet

Dominique Gérard n'est certes pas homme à se plaindre. Mais là, malgré un quota de magistrats en règle - 31 sur 31 -, le Président du Tribunal de Première Instance tire la sonnette d’alarme. "Le personnel en a marre parce qu’on leur en demande de plus en plus, et ce qui risque d’arriver à un moment donné quand on tire sur la corde, c’est qu’elle se casse, que les gens commencent à tomber malade parce qu’ils n’en peuvent plus."

L'exemple choc, c'est au tribunal de la Famille qu'on le trouve. Créé en septembre 2014, il génère un contentieux énorme sans une augmentation d'effectifs humains. La gestion des dossiers dans un délai relativement acceptable, c'est quasi à la bonne volonté des greffiers que le justiciable la doit. "Sur les 14 premiers mois de fonctionnement du tribunal de la Famille, nous avons rendu plus de 6000 décisions rien qu’en matière du tribunal de la Famille."

Tout comme le fait de devoir travailler avec du matériel informatique obsolète conduira à terme à l'incident judicaire, ajoute Dominique Gérard. "Je pense, par exemple, à des inculpés détenus préventivement. Je pense, par exemple, à une maman qui vient réclamer une contribution alimentaire sauf que l’audition n’a pas pu être rendue parce qu’informatiquement le système a lâché..."

Le Président garde toutefois le moral parce qu'il a une "équipe", comme il dit. "Il y a énormément de gens pour qui le sens du Service Public est quelque chose de très important. Si on n’avait pas ces gens-là, la situation pourrait sans doute être encore beaucoup plus problématique."

On lèvera donc son verre ce mercredi, oui ; en espérant que tout le monde sera encore sur le pont dans quelques mois.

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