Faune : le ragondin commence à envahir le sud de la Belgique

Le ragondin commence à envahir le sud de la Belgique
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Le ragondin commence à envahir le sud de la Belgique - © Pixabay - Antranias

Le ragondin remonte de la France et s’installe dans le sud de la Wallonie sur les affluents de la Meuse, dans la vallée de la Chiers et de la Semois en province du Luxembourg, dans la vallée de la Sambre dans le Hainaut et dans la vallée du Viroin dans le sud namurois. C’est un rongeur des zones humides originaire de l’Amérique du Sud. Il a été importé il y a longtemps pour sa fourrure. Aujourd’hui, il figure sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes.

Le ragondin envahit l’habitat du castor

Le ragondin ressemble très fort au castor dont il envahit l’habitat. Il a la même fourrure brune et une forme semblable. Il est un peu plus petit et a les dents incisives couleur orange. Le grand signe de distinction est la forme de sa queue. Elle n’est pas plate comme chez le castor. Elle est fine et ronde. Comme le castor, le ragondin vit dans les cours d’eau et creuse son nid dans les berges. Mais il est beaucoup plus envahissant.

En Amérique du Sud, le ragondin est régulé par le crocodile

En Amérique du Sud, le ragondin est le plat de résistance des crocodiles. Mais en Europe, il n’a aucun prédateur naturel. En plus, "c’est une espèce qui est très très prolifique", explique Etienne Branquart, responsable de la cellule espèces invasives au SPW environnement. Un castor a une portée d’un ou de deux jeunes par an. Le ragondin peut avoir jusqu’à trois portées par an avec une moyenne de 6 à 7 petits. Son développement est donc exponentiel.

Une triple menace

Le ragondin pose trois problèmes graves. "Il cause des dommages à la biodiversité, explique Etienne Branquart, où il consomme toute la végétation aquatique, comme les roselières. Il détruit les habitats utilisés par les oiseaux. Mais il a aussi des impacts socio-économiques parce qu’il détruit les récoltes à proximité des zones humides. Et il mine les berges et les digues. Et donc il affaiblit ces structures-là. Et il pose des problèmes à la santé humaine parce que c’est un réservoir de différentes maladies qui peuvent être transmises à l’homme comme la leptospirose".

A Viroinval, le ragondin est un problème

A Viroinval, le ragondin s’est installé il y a trois ans sur les berges de l’Eau noire et notamment dans le parc de Nismes. Comme il s’agit d’une espèce invasive, la Région wallonne autorise le tir ou de placement de pièges. Mais comme il ressemble très fort au castor quand il nage dans l’eau, il est compliqué de le chasser. Baudouin Schellen, le bourgmestre de Viroinval, a donc préféré de faire appel à la Région wallonne pour l’éradiquer. Mais le piégeage pose un autre problème, administratif.

Les agents piégeurs de la Région wallonne utilisent des pièges non létaux pour être sûr d’avoir bien capturé un ragondin et pas un castor. "Le problème est qu’ils n’ont pas le droit de tuer, explique Baudouin Schellen, parce qu’ils n’ont pas le droit de port d’armes. Et donc ils doivent faire appel à un agent du département nature et forêts. Et donc ça complique évidemment les choses. Et donc, le travail ne se fait pas".

La Région wallonne est consciente de ce problème. Elle planche sur un plan wallon de lutte contre le ragondin. Elle envisage également de permettre l’utilisation d’armes à air comprimé qui ne nécessite pas de port d’arme. Mais il faudra quelques mois avant de voir ce projet se concrétiser. En attendant, le ragondin continue à proliférer en Wallonie.

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