Le meilleur jeune berger d'Europe est un Belge de Suarlée

Victorien Mathieux a remporté les ovinpiades
Victorien Mathieux a remporté les ovinpiades - © Eleveo

Le meilleur jeune berger d’Europe est belge, de Suarlée plus exactement. A 16 ans, Victorien Mathieux était le plus jeune de la compétition. La 15e "ovinpiade" se déroulait ce week-end à Paris au salon de l’agriculture. Les 13 candidats devaient passer des épreuves théoriques et pratiques comme reconnaître la race d’un mouton ou lui couper les onglons correctement.

"C’était une journée difficile et épuisante, explique le jeune Namurois. On était tous un peu stressé. Et puis à la fin, c’était la joie, la victoire. On a le sentiment d’avoir tout fait parfaitement."

Sous les encouragements de ses parents et de son professeur à l’École provinciale d’agronomie et des sciences de Ciney, l’adolescent s’est mesuré dans une série d’épreuves à trois compatriotes – deux Flamands inscrits à l’école d’agriculture de Geel et un Athois – ainsi que des concurrents autrichiens, anglais, irlandais, gallois et écossais. Les jeunes, âgés de 16 à 24 ans, ont ainsi trié des brebis à l’aide d’un lecteur électronique, évalué l’état de santé d’une bête ou encore paré ses onglons.

"J’élève des moutons depuis quelques années et j’adore les manipuler, j’y prends beaucoup de plaisir, réagit Victorien depuis le salon de l’Agriculture de Paris. Décrocher le titre, c’est énorme. Il faut bien garder son calme, essayer d’être le moins stressé possible pendant l’épreuve car l’animal ressent notre stress. Je dis toujours qu’il faut se mettre à la place du mouton en se demandant : que ferais-je à sa place si on venait vers moi comme cela ?"

Un concours pour créer des vocations

Ce concours axé sur le mouton veut mettre un coup de projecteur sur une filière qui recrute, afin de former et installer une nouvelle génération d’éleveurs de brebis, souligne Elevéo, l’ASBL wallonne d’élevage. Si le nombre d’exploitations agricoles diminue chaque année, ces dernières ont tendance à s’agrandir, note Statbel. Entre 1980 et 2018, le secteur agricole a ainsi perdu 68% de ses exploitations, à un rythme plus ou moins identique en Flandre et en Wallonie (-2,5% en moyenne). La superficie moyenne par exploitation a, quant à elle, presque triplé.

En 2016, le secteur comptait par ailleurs 62% de travailleurs en moins par rapport à 1980. Cette baisse s’explique par la diminution du nombre de fermes mais aussi par l’intensification de la mécanisation.

Les quatre étudiants noir-jaune-rouge ont été sélectionnés pour représenter la Belgique aux Ovinpiades européennes après la finale nationale, qui s’est déroulée en décembre au salon Agribex à Brussels Expo.

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