Le CMH avertit, seuls sept hôpitaux disposent d'un héliport conforme en Wallonie

L'hélicoptère du CMH ne peut plus se poser où il veut en Wallonie
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L'hélicoptère du CMH ne peut plus se poser où il veut en Wallonie - © Tous droits réservés

Le Centre Médical Héliportée (CMH) de Bra-sur-Lienne tire la sonnette d'alarme. Sur une vingtaine d’hôpitaux, seuls sept disposent d’un héliport conforme aux normes européenne en vigueur pour les provinces de Liège, Luxembourg et Namur. Depuis un an, l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) contrôle et applique plus strictement les règles en vigueur concernant les zones d'atterrissage dans les hôpitaux européens. "Les infrastructures de plusieurs hôpitaux ne sont pas adaptées. Les critères de sécurité ont toujours été existants, mais maintenant ils sont strictement d'application. Malheureusement, nous devons tirer un trait sur plusieurs hôpitaux dans lesquels nous conduisions des patients", commente Olivier Pirotte infirmier et coordinateur du CMH. 

Le travail principal de CMH consiste en des missions primaires. Ce sont des missions commandées par le 112 pendant lesquelles l'équipe du CMH opère directement sur le lieu d’un accident ou d’une maladie, sur la voie publique ou dans un lieu privé. L'hélicoptère peut alors se poser n'importe où. Par contre, pour les missions de transfert, lorsque le patient doit être amené d'un hôpital vers un autre, le CMH doit obligatoirement se poser sur une piste d’atterrissage agréé, au grand dam du patient. "Sur un plan opérationnel, nous pouvons toujours aller chercher le patient quelque part, que ce soit un héliport agréé ou une zone d'intérêt publique (une zone d'atterrissage prévue pour accueillir un hélicoptère). Par contre, cela devient compliqué pour le patient car nous ne pouvons plus les déposer dans des hôpitaux de proximité, mais dans des grands hôpitaux. Ces derniers se trouvent généralement plus loin et ils ne possèdent pas les dossiers du patient. Dans cette situation, c'est surtout le patient qui est impacté", ajoute Olivier Pirotte.

Adapter ses infrastructures, certains hôpitaux n'ont pas le choix

De nombreux hôpitaux ont fait le choix de ne pas se mettre aux normes. Pour certains, la raison est financière car les coûts liés à l'installation de nouvelles infrastructures se chiffrent en milliers voire millions d'euros selon l'hôpital concerné. Pour d'autres, un héliport ne se justifie pas car le nombre d’atterrissage constaté sur plusieurs années est insignifiant. Cependant, certains hôpitaux n'ont pas le choix. Leur situation géographique ou les spécialités délivrées leur impose de disposer d'un héliport. C'est le cas de la Clinique de l’Espérance (CHC) à Montegnée près de Liège. "Sans hélicoptère médicalisé, cela voulait dire que nous fermions l'accès à nos soins intensifs pédiatriques pour de nombreux enfants en Wallonie. Ce serait dramatique car il y a peu de service de soin de ce type en Wallonie", explique Yannick Evrard, responsable technique de la Clinique de l’Espérance (CHC). 

Sur les provinces de Liège, Luxembourg et Namur, seuls sept hôpitaux sont conformes (ou presque) pour recevoir l’hélicoptère du CMH : le CHU du Sart-Tilman (Liège), le CHR La Citadelle (Liège), le CHC Clinique de l’Espérance à Montegnée (Liège), la Clinique Saint-Luc à Bouge (Namur), le CHR Mont-Godinne (Namur), l’Hôpital Princesse Paola de Marche-en-Famenne (Luxembourg) et la Clinique Saint Joseph d’Arlon (Luxembourg).

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