Gembloux : un immense laboratoire à ciel ouvert pour inventer l’agriculture du futur

Aujourd’hui, une impasse écologique nous oblige à trouver de nouveaux modèles d’agriculture. À Gembloux, les chercheurs de la faculté Agro biotech se sont lancés, cette année, dans une gigantesque expérience qui va durer au moins 8 ans. Ce laboratoire agricole, situé sur le domaine universitaire, est grand comme 50 terrains de football (30 hectares).

Un défi : l’agriculture écologique

Les chercheurs testent des nouveaux modèles agricoles, plus écologiques et capables de nourrir de plus en plus d’êtres humains. Il faudrait se passer, idéalement, des produits chimiques. D’ailleurs sur ces cultures expérimentales de l’université de Liège-Gembloux ce qui frappe, au premier regard, c’est le rouge des coquelicots. On se croirait revenus 100 ans en arrière, durant la première guerre mondiale avant l’invention des herbicides et des pesticides.

Jérôme Bindelle (professeur à Gembloux agro bio tech) : "Nous avons, effectivement, beaucoup de coquelicots. C’est la première année d’expérience ce qui signifie que les coquelicots qui poussent cette année étaient déjà là. Si on ne les voyait pas autant, c’est sans doute que les pesticides et les herbicides qu’on utilisait mettaient une pression importante. L’agronome et le fermier qui sommeillent en nous se posent des questions sur la suite. Est-ce que les désherbages mécaniques, le pâturage des animaux sur certaines parcelles mettent une pression suffisante sur ce type de mauvaises herbes ? Est-ce que cela impacte le rendement et la facilité de le récolter ? Nous allons tirer un grand nombre d’enseignements".

Il faut rappeler que, même s’il est très joli, le coquelicot est une mauvaise herbe pour l’agriculteur. Les chercheurs réfléchissent aux moyens écologiques à mettre en œuvre pour contenir cette belle fleur rouge.

Nourrir la planète en 2050

La question centrale, à laquelle aimeraient répondre les chercheurs, est comment nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050, sans asphyxier la planète ?

Dans ce grand laboratoire à ciel ouvert, les chercheurs vont jusqu’à tester des hypothèses radicales, voire iconoclastes. Par exemple, celle d’une agriculture sans élevage, ralliée à la cause du véganisme donc. Dans ce modèle, il faut remplacer les protéines animales par des protéines végétales. Dans l’expérience, ce sont des champs de petits pois, notamment qui remplissent cette case alimentaire. Le champ voisin est tout jaune. C’est du colza, pour fournir une huile riche en bonnes graisses, les oméga 3.

Le défi est, certes de développer une agriculture plus écologique mais surtout de nourrir, correctement, une population de plus en plus nombreuse, 9 milliards de personnes à l’horizon 2050. Et tout cela, en relocalisant un maximum de ressources chez nous.

Dans cette agriculture du futur, les scientifiques s’attendent à des pertes de rendement par rapport au modèle intensif actuel. Dans quelles proportions ? Les premières récoltes de cet été apporteront déjà une partie de la réponse.

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