Fouilles archéologiques à Namur: les remparts et la Porte de Grognon refont surface

Les fouilles du Grognon permettent de visualiser les limites du quartier tel qu'il existait jusqu'au 19e siècle.
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Les fouilles du Grognon permettent de visualiser les limites du quartier tel qu'il existait jusqu'au 19e siècle. - © SPW

Le Grognon, à Namur, continue de révéler ses secrets, au gré des fouilles préventives qui ont commencé il y a plusieurs mois, en vue de la construction d’un parking souterrain au confluent de la Meuse et de la Sambre. Les archéologues ont dégagé récemment les restes des remparts, d’une tour de guet et de la Porte de Grognon par laquelle on entrait dans le quartier à la descente du bateau. Ce sont 900 ans d’histoire qui se dévoilent.

"On savait que la porte se trouvait là, on connaissait aussi la tour ronde, explique Dominique Bosquet, archéologue au Service public de Wallonie, mais la conservation exacte, tous les petits à-côtés, la complexité d’un bâtiment construit contre le rempart, puis démoli, puis reconstruit en plus grand, toutes ces choses-là ne peuvent être découvertes et réellement tirées au clair que moyennant l’investigation archéologique. Donc on savait qu’on allait retrouver ce genre de choses, mais un tel degré de préservation et de complexité, pas vraiment".

"En réalité, ajoute Raphaël Vanmechelen, également archéologue au SPW, on a quatre fronts de fortification et quatre portes qui sont toutes intéressantes, parce qu’elles sont toutes le reflet des techniques architecturales, de la conception de l’espace public et des techniques militaires. Mais c’est vrai que la deuxième, qu’on peut dater précisément à la fin du 12e siècle, est particulièrement spectaculaire. Cela permet de bien comprendre la morphologie du quartier ancien".

Au fil des siècles, le Grognon s’est agrandi, gagnant du terrain sur les fleuves. Mais ce que les fouilles nous permettent aujourd’hui de visualiser concrètement, ce sont les limites "historiques" du quartier. Au pied du rempart et de la tour, à la suite des travaux de terrassement, l’eau de la Sambre et de la Meuse a refait surface, rappelant qu’au Moyen Age, le Grognon s’arrêtait là.

A l’époque, les fleuves n’étaient pas canalisés et le niveau de l’eau fluctuait d’une saison à l’autre. "Il pouvait y avoir une variation d’un ou deux mètres, poursuit Dominique Bosquet. Donc en été, on peut imaginait qu’il y avait au pied des remparts vingt ou trente mètres de plage en pente douce, une plage en gravier sur laquelle les bateaux venaient s’échouer, permettant aux commerçants et aux voyageurs de pénétrer dans le quartier par la fameuse porte".

Le Grognon, le cœur de la ville

C’est au Grognon que battait le cœur de la ville. Et le secteur de la Porte de Grognon, mis au jour à l’occasion de la construction du parking, incarne l’ambivalence caractéristique du site, point de convergence des voiries, du commerce fluvial et des fortifications: une ville à la fois ouverte sur ses cours d’eau pour le commerce, et fermée par ses remparts, au pied du château comtal.

Parallèlement aux fouilles archéologiques, les premiers aménagements (pose de pieux) du futur parking se poursuivent à un rythme soutenu. Les travaux ont même pris un peu d'avance sur l'agenda.

 

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