Forte mobilisation à Beauraing contre l'expulsion d'une famille camerounaise

Après neuf ans de procédure de demande d'asile, la famille vit à présent au centre Fedasil de Pondrôme.
Après neuf ans de procédure de demande d'asile, la famille vit à présent au centre Fedasil de Pondrôme. - © Google Maps

Aëlle, âgée de 11 ans, et sa maman sont Camerounaises. Après neuf ans de procédure de demande d'asile, la famille qui vit à Pondrôme. Elle vient de recevoir l'ordre de quitter le territoire.

La famille est bien intégrée. C'est donc l'émoi dans le village, qui se mobilise.

Une situation qui n'est pas sans rappeler le cas d'une famille arménienne vivant à Walcourt depuis dix ans. Là aussi, la mobilisation citoyenne a été très forte.

Pourquoi devoir quitter le territoire après autant d'années ?

Parce que leur demande d'asile est rejetée. On arrive au terme de toutes les procédures possibles.

Ces dernières années, la loi s'est durcie. Pour réexaminer une demande, il faut impérativement un élément neuf. Un élément qui prouve que la vie des personnes est en danger dans le pays d'origine.

"Vous vous adressez à un représentant de l’instance d’asile. Nous, on s’est prononcé dans le cadre d’une demande d’asile, explique Damien Dermaux, du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides. Concrètement, on a répondu à la question précise : "Y a-t-il, oui ou non, un risque de persécution en cas de retour dans le pays d’origine ?" Et dans le cas d’espèce, on a estimé que ce n’était pas le cas."

Une procédure anormalement longue

Cet examen de la demande d'asile prend en moyenne trois mois. Par contre, la loi ne limite pas le nombre de demandes d'asile que peut introduire une personne. C'est ici que la procédure se prolonge.

Dans le cas d'Aëlle et de sa maman (soit neuf ans), la procédure est anormalement très longue.

Avec l'afflux de migrants en 2015, l'examen des dossiers a pris plus de temps, jusqu'à deux ans. Mais neuf ans, c'est vraiment exceptionnel.

Une solution possible ?

Une situation exceptionnelle qui peut déboucher sur une procédure exceptionnelle : la demande de régularisation.

"Il y a d’autres procédures qui peuvent être mises en œuvre, poursuit Damien Dermaux. Comme par exemple la procédure de régularisation, qui permet – dans des circonstances tout à fait particulières ou exceptionnelles – à des personnes qui sont présentes sur le territoire belge de pouvoir introduire une demande auprès des services de l’Office des Étrangers afin de pouvoir bénéficier d’un titre de séjour en Belgique."

Cette demande de régularisation n'a en effet plus rien avoir avec une demande d'asile. On examine d'autres points comme par exemple le fait d'être bien intégré dans le pays d'accueil ou les liens avec le pays d'origine.

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