Dinant: la croisette bientôt terminée, la ville veut redorer son image et doper son attractivité

Depuis des années, le cœur de Dinant vit (mal) au rythme des travaux: égouttage, téléphonie, Internet, eau… La cité mosane a beaucoup souffert de ces multiples chantiers. Mais bientôt, la page sera tournée, le centre de la ville retrouvera sa quiétude.

En bord de Meuse, le chantier de la croisette entamé en 2015 arrive à son terme: il ne reste que quelques finitions à réaliser, éclairage et mobilier notamment. L’inauguration est prévue en avril, avec le retour des beaux jours, mais on pourra bientôt s’y promener en toute quiétude, sur plus d’un kilomètre. "Ça va être très beau et très fonctionnel, se réjouit Richard Fournaux, bourgmestre. Les gens commencent à découvrir les lieux et je pense que l’appropriation sera rapide. En témoignent aussi les associations de commerçants ou de quartiers qui imaginent déjà tel ou tel événement sur la croisette. J’en suis heureux et fier".

"Depuis la Première Guerre mondiale et même la Seconde, il n’y a jamais eu à Dinant de travaux d’infrastructures qui changeaient la physionomie de la ville, poursuit Richard Fournaux. Or, la réalisation de la croisette, c’est ça. On a osé gagner un peu d’espace sur la Meuse. Et c’est une bouée d’oxygène pour la ville de Dinant au niveau de la gestion de ses espaces".

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La croisette dinantaise, un lieu de promenade sur plus d'un kilomètre au bord de la Meuse. © Hugues Van Peel - RTBF

Un projet pour dynamiser le commerce

Ce projet est censé doper l’attractivité de la ville après des années de galère. "C’est un renouveau pour Dinant, explique Patrice, libraire dans la rue Grande, soucieux du dynamisme du commerce. On pense sincèrement que les gens vont réinvestir, que soit des plus grandes enseignes ou des plus petits commerçants comme nous. Dinant attire toujours les foules, dès qu’il y a un rayon de soleil. Il manque les commerces, mais je pense que la croisette va améliorer les choses".

Ce renouveau, le bourgmestre le constate déjà. "Je ne me souviens pas d’avoir connu une période comme celle que je vis actuellement, par le nombre de demandes de permis de bâtir, de sollicitations de notaires qui sont occupés à effectuer des actes de transactions immobilières, des demandes de chaînes commerciales qui nous interrogent sur telle ou telle possibilité d’installation à Dinant, auxquelles s’ajoutent la construction d’immeubles à appartements. Il n’y a jamais eu un tel engouement". Et pour Richard Fournaux, tout cela est lié à la croisette.

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Avec une petite terrasse d'à peine quinze places sur le trottoir, Alain redoute un effondrement de son chiffre d'affaires. © Hugues Van Peel - RTBF

Certains cafetiers très inquiets

Mais cet enthousiasme est tout de même tempéré par la situation de quelques établissements horeca situés au bord du fleuve. Alain, tenancier du café Le Dinan depuis 16 ans, redoute un effondrement de son chiffre d’affaires. Devant chez lui, la largeur de la croisette ne lui permettra pas de maintenir sa grande terrasse. Il ne lui restera que quinze places sur le trottoir alors qu’il en avait septante en bord de Meuse.

"Nous attendions les nouvelles terrasses avec impatience, explique-t-il, pour pouvoir recommencer à travailler normalement, sans les travaux. Mais là, nous sommes complètement abattus. Vivre avec quinze places en terrasse, à mon avis ce ne sera pas tenable. J’ai régulièrement eu la visite d’échevins ou du bourgmestre qui me disaient à chaque fois de tenir bon, que ce serait tout bon pour moi avec la croisette. Il faudra qu’ils m’expliquent comment cela pourrait être mieux pour moi".

Priorité aux promeneurs

Les autorités sont bien conscientes de la situation, mais il ne sera pas possible de contenter tout le monde. Richard Fournaux rappelle que la croisette est d’abord un lieu dédié à la promenade et qu’il n’est pas question de la transformer en terrasse géante. "Nous n’allons pas retomber dans les travers que nous connaissions avant, où des commerçants occupaient l’ensemble de l’espace public. Nous devions gendarmer sans cesse pour demander qu’on recule les chaises pour laisser un mètre de passage. C’était scandaleux en termes d’accueil touristique. Donc, oui aux terrasses mais modération et qualité".

La croisette laissera donc un goût amer à ces quelques établissements moins bien placés qui ne profiteront sans doute pas beaucoup du renouveau dinantais.

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