Des milliers d'œufs de truite fario implantés dans des ruisseaux de Biesmes et de l'Eau d'Heure

Des milliers d'œufs de truite fario implantés dans des ruisseaux de Biesmes et de l'Eau d'Heure
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Des milliers d'œufs de truite fario implantés dans des ruisseaux de Biesmes et de l'Eau d'Heure - © RTBF - Anaïs Stas

Samedi, dans plusieurs affluents de la Biesme et de l’Eau d’Heure, une vingtaine de boîtes d’œufs de truites fario ont été déposées : 20 boîtes Vibert contenant à chaque fois 1000 œufs, et une boîte test Alevibox contenant 2000 œufs. "On teste cette nouvelle boîte qu’on doit ancrer dans le lit du ruisseau et pas enterrer sous les graviers. Avec les boîtes Vibert, il y a toujours un risque que la boue charriée vienne colmater la boîte et tuer les œufs. On fait un test, on verra" explique Jean Demoitié, président de la fédération halieutique et piscicole de la Sambre. La fédération halieutique a reçu l’aide de la maison de la pêche pour cette opération de réintroduction de la truite fario.
 

En Wallonie, la mise en place d’œufs dans les cours d’eau reste marginale, généralement ce sont des alvins qui sont relâchés. "On les protège durant la première partie de leur vie". Mais la réintroduction d’alvins présente également des inconvénients. "Elever des alvins en pisciculture cela demande du temps, des moyens, et puis, ils sont nourris artificiellement durant la première partie de leur vie. Quand on relâche des poissons de 8-10 cm, ils ont du mal à chercher leur propre nourriture dans le cours d’eau" détaille Arnaud Vandenhove de la Maison de la pêche.

"Ici, on place les œufs et la rivière se charge de tout. Les alvins devront chercher leur nourriture dès le début. On devra juste ouvrir la trappe de l’Aleviox début mars. On espère que les poissons s’adapteront mieux". Pour connaître la date exacte à laquelle la trappe de l’Alvibox devra être ouverte, la température de l’eau sera mesurée quotidiennement puisque c’est la température qui détermine la date d’éclosion des œufs.

Les œufs ont été implantés dans des ruisseaux qui répondent à de nombreux critères de qualité d’eau et d’environnement. Par exemple, une faible pollution, des pierres et branchages en quantité suffisante pour servir de refuge aux poissons, et, difficulté supplémentaire liée à la sécheresse de ces dernières années, de petits cours d’eau irrigués toute l’année. L’idée n’est pas de déverser des poissons qui seront pêchés demain, mais de donner un coup de pouce à l’espèce pour se réintroduire.

A Biesme, le ruisseau choisi abritait des truites avant d’être détruit par l’action de l’homme. Il y a 20 ans, un curage à éliminer toutes les pierres et branchages du ruisseau. "A l’époque, le but c’était uniquement que le ruisseau puisse mieux évacuer l’eau en cas de fortes pluies et éviter les inondations" déplore Jean Demoitié. "De nos jours, heureusement, on a une vision différente. Le cours d’eau est redevenu sauvage. On va essayer de le préserver comme ça, un environnement idéal pour la truite". Si tout se passe bien, un à trois pourcents des œufs survivront et deviendront des truites adultes qui viendront à leur tour se reproduire dans les ruisseaux qui les ont vus naître.

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