Des champs de fleurs comme alternative aux cultures traditionnelles, pour ramener de la vie dans nos campagnes

Cultiver des fleurs pour ramener des insectes dans les champs, c'est l'un des objectifs de l'expérience menée par Nature et Progrès.
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Cultiver des fleurs pour ramener des insectes dans les champs, c'est l'un des objectifs de l'expérience menée par Nature et Progrès. - © Hugues Van Peel - RTBF

A quelques jours de la Foire de Libramont, voilà une idée pour les agriculteurs qui s’interrogent sur les modes de production conventionnels. Nature et Progrès expérimente en ce moment la culture de fleurs sur une parcelle de treize hectares, près de Ciney. Différentes espèces hautement mellifères ont été semées: sainfoin, phacélie, origan, centaurée des prés, vipérine, trèfle incarnat, bourrache et autre bleuet.

L’objectif est de montrer qu’on peut travailler dans les champs sans utiliser de produits phytosanitaires, pour y ramener de la biodiversité.

"Les insecticides sont hyper efficaces, les herbicides ont aussi une efficacité formidable, explique Marc Fichers, secrétaire générale de Nature et Progrès. Regardez autour de vous, il n’y a plus une plante qui fleurit dans une culture de froment ou de betteraves. C’est un désert en ce qui concerne les populations d’insectes. Et ce désert-là provoque un déséquilibre dans l’écosystème. Ce n’est pas pour rien si la pyrale du buis et le drosophile suzukii ont colonisé tout notre territoire en moins de dix ans. C’est parce que la place était libre, notre territoire est vide d’insectes. Et pour avoir des insectes, il faut de la nourriture. Et la nourriture, ce sont les fleurs."

Quelle rentabilité?

Ces fleurs, en plus de colorer les champs et de faire le bonheur des insectes, on peut aussi les exploiter de différentes manières, elles ne servent pas uniquement à la production de miel. L’un des objectifs de l’expérience de Nature et Progrès est d’évaluer la rentabilité de ces cultures.

"Le sainfoin, on va en faire du fourrage, poursuit Marc Fichers. La bourrache, on va récolter les graines et en extraire de l’huile. Les plantes de vipérine et les bleuets, on va récolter les semences et les vendre. On va vraiment essayer d’analyser et de calculer la rentabilité. Quand on aura la technique et les données sur les rendements, on ira trouver le monde agricole pour lui proposer d’inclure ces cultures dans leurs rotations pour remettre de la biodiversité dans nos campagnes."

Agir sans tarder

Pour Marc Fichers, la culture bio est la solution idéale, mais tous les agriculteurs ne s’y mettront pas. "Actuellement, une ferme sur sept en Wallonie est en bio, il y en aura de plus en plus mais on n’aura pas les 100% tout de suite. Or on ne peut plus attendre". Les fleurs pourraient donc être la solution. "Ce sera tout bon pour les agriculteurs. Car les insectes qui vont revenir seront très utiles. Par exemple on élèvera des coccinelles dans nos champs de fleurs et elles iront ensuite régler le problème des pucerons dans les betteraves. On ne devra donc plus mettre des néonicotinoïdes".

Nature et Progrès prévoit de semer des fleurs sur un autre site, dans une région beaucoup plus céréalière, et se donne cinq ans pour livrer les conclusions de cette expérience originale.

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