Des bougies et de l'air chaud pour protéger les pommiers en fleur pendant les nuits froides

Les bougies en parafine dans des seaux en métal font remonter la température au pied des pommiers de un à deux degrés, assez pour que les fleurs ne gelent pas.
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Les bougies en parafine dans des seaux en métal font remonter la température au pied des pommiers de un à deux degrés, assez pour que les fleurs ne gelent pas. - © Monika Wachter - RTBF

Serge Fallon, le président de la Fédération wallonne horticole, est propriétaire de près de 20 hectares d’arbres fruitiers à Eghezée, dans la Hesbaye namuroise. Les six hectares de pommiers commencent à être en fleurs. Il faut donc les protéger. Les deux dernières nuits, il a gelé à moins deux degrés. Serge Fallon a tout fait pour réchauffer l’atmosphère au pied de ses pommiers.

Des bougies en paraffine naturelle

Les bougies brûlent lentement dans un grand seau en métal. Il faut une heure à trois personnes pour allumer les 400 bougies avec un chalumeau. « Ces bougies amènent une hausse de température à peu près de deux degrés. Donc ça nous couvre quand on descend jusqu’à moins deux, moins trois degrés » explique Serge Fallon. Il s’est levé à une heure et demie pour allumer les mèches et protéger ses pommiers.

 

Une soufflerie d’air chaud pour adoucir l’atmosphère

Serge Fallon a aussi acheté une machine conçue pour combattre le gel. Il l’accroche à son petit tracteur et passe entre les rangées d’arbres fruitiers. « C’est une machine qui propulse de l’air chaud au pied des arbres jusqu’à 30, 40 mètres de chaque côté. On réchauffe atmosphère jusqu’à deux degrés pour sauver les fleurs quand elles sont gelées ». Mais il faut repasser dans chaque rangée toutes les dix minutes pour maintenir la bonne température.

Tout cela a un coût: 2000 euros de l’hectare pour les bougies, 20.000 euros d’investissement pour la soufflerie d’air chaud. Serge Fallon espère ainsi ne pas devoir revivre la même catastrophe qu’il y a deux ans. Il avait perdu plus de 80 pour cent de sa production.

La profession va vraiment très très mal

Il y a deux ans, la température était descendue jusqu’à moins six degrés. « C’était une catastrophe pour les pommes. Et l’année dernière c’était la sécheresse pour les poires. Normalement on va être reconnu comme secteur en crise par le ministre de l’agriculture parce que la profession va vraiment très très mal. J’ai beaucoup de collègues qui sont pratiquement en faillite. Mais je pense que dans les deux prochaines années, si cela ne s’améliore pas, il y aura trente à quarante pour cent des exploitations qui vont disparaître ».

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