Décimés par les burnout, les policiers de Jemeppe-sur-Sambre tirent la sonnette d'alarme

Au service d'intervention par exemple, 19 policiers sur 25 se trouvent actuellement en incapacité de travail.
Au service d'intervention par exemple, 19 policiers sur 25 se trouvent actuellement en incapacité de travail. - © Belga

La zone de police de Jemeppe-sur-Sambre doit faire face à un taux d'absentéisme record, jusqu'à 80% de malades dans le service d'intervention. Pour ceux qui restent, la situation devient intenable.

Les cas de burnout se multiplient, avec pour conséquence des manques d'effectifs criants. Au service d'intervention par exemple, 19 policiers sur 25 se trouvent actuellement en incapacité de travail. Le chef de corps a dû faire appel aux zones voisines pour assurer les missions normales. Mais la situation reste difficile.

"Les moyens ne sont pas là pour engager du personnel. Et, malheureusement, arrive ce qui devait arriver…, explique Alain Rorive, permanent CGSP. Cela fait 27 ans que je suis dans la police et je n’avais encore jamais vu une zone de police obligée de compter sur les zones avoisinantes, sur un délai aussi long !"

Une situation exceptionnelle qui s'explique en partie par la taille de la zone. La police de Jemeppe-sur-Sambre, c'est une zone mono-communale, avec 50 policiers seulement. Difficile dès lors de combler les trous par le jeu des vases communicants, quand il y a des absents.

La solution pour les syndicats, ce serait d'engager afin de renforcer les effectifs. Impensable pour le bourgmestre Joseph Daussogne. "Il n’y aura pas de policiers en plus dans l’immédiat ! Nous remplaçons déjà ceux qui sont en partance avec beaucoup de difficultés. Quant à la solution d’une fusion avec les zones voisines, je veux d’abord consulter les autres chefs de corps pour voir ce que l’on peut faire dans le cadre des synergies."

Le seul malaise ?

L'attitude du chef de corps est aussi épinglée par certains policiers. Ils veulent rester anonymes mais nous ont confié que, selon eux, leur chef (qui est entré en fonction il y a quatre ans) est inhumain, trop autoritaire et pas assez à l'écoute.

Edwin Dassonville réfute. S’il concède que "la situation n'est pas rose", il tempère en ajoutant que "ça s'améliore, car on revient de très loin".

Rappelons que le climat est tendu depuis longtemps au sein de la zone. Et que la relation entre le chef de corps et son adjoint est électrique.

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