Crupet voit revivre son donjon

Donjon ou Maison forte? A Crupet en tout cas les travaux vont bon train.
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Donjon ou Maison forte? A Crupet en tout cas les travaux vont bon train. - © sbo@rtbf.be

"En fait de donjon, il faudrait plus exactement parler de maison forte" nous précise d'emblée Jean-Louis Javaux. C'est vrai que nous avons face à nous un passionné d'archéologie et un vrai passionné de ce bâtiment, vieux de 650 ans. Le procédé de dendrochronologie employé par les équipes en place, ne laisse planer aucun doute. Les pierres mais aussi et surtout les poutres laissent parler le temps. Et l'édifice presque carré est encore très bien conservé pour avoir vu, au fil des siècles, de grandes et nobles familles dont les rapports de voisinage n'étaient pas toujours au beau fixe. Malgré tout cela, il a tenu bon et sa dernière occupante y a vécu bien à l'abri des murs de dix centimètres, jusqu'à la fin des années 90.

Peloton de tête

Aujourd'hui, les propriétaires actuels lui donnent un coup de neuf et d'ici un an ou deux en feront leur demeure. "La Région wallonne supporte 50% des 3 millions (hors TVA) nécessaires à sa remise en état, nous explique Guillaume de Ghellinck, architecte en charge du vaste chantier à Crupet. Tout ce qui relève de l'aménagement intérieur sera supporté par les propriétaires actuels." Le donjon de Crupet que Jean-Louis Javaux désigne comme "maison forte ou maison coffre fort" se classe parmi les 120 de Wallonie encore conservés. "Mais il se classe largement dans le peloton de tête ajoute-t-il. C'est un bâtiment magnifique que nous devions laisser vivre. D'où l'importance d'avoir expliqué point par point aux propriétaires ce que l'on trouvait derrière un plafonnage réalisé à la hâte, ou derrière  une fenêtre murée dans les temps passés."

"Tout le monde recherche la lumière!

Nicolas Degen lui, est tailleur de pierre. Il devra façonner environ un mètre cube de pierre  pour réparer ou refaire carrément quelques unes des fenêtres de la bâtisse. "Je dois être attentif à la manière dont la pierre a été taillée et je devrai probablement utiliser les mêmes outils pour obtenir le dessin voulu. J'ai un métier qui exige aussi de bien comprendre les modes de vie de l'époque de construction. Par exemple, ici les fenêtres ont été dégagées et les assises qui accueillaient les dames pour des travaux de couture, de broderie ou la lecture, sont dégagées. C'était une manière de trouver la lumière au Moyen-Age et aujourd'hui, au 21e siècle, on va garder cette approche. Mais il est vrai que tout le monde recherche la lumière! C'est touchant en fait. "

Le chantier prévoyait deux années de travail, nous sommes quasiment à la moitié et, sauf imprévu ou intempéries, il se pourrait que les propriétaires occupent les lieux d'ici juin 2018.

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