Couvin et Virelles: Natagora fête les trente ans de la réserve naturelle des Tiènes de Dailly

En 1986, un premier terrain a été acheté. Il faisait deux hectares et demi. En trente ans, la petite réserve est devenue grande. Aujourd'hui, les réserves naturelles des Tiènes de Dailly et de la Prée forment un maillage de 135 kilomètres. Les différents achats de parcelles ont été possibles grâce aux dons des membres de Natagora et des subsides de la Région wallonne et de l'Europe. Aujourd'hui, ces pelouses calcaires constituent l'une des plus grandes réserves de prairies de Wallonie. L'occasion pour la section Natagora de l'Entre-Sambre-et-Meuse de fêter l'événement au lac de Virelles suivi une randonnée dans les réserves.

Alain Bouchat, le conservateur, n'est pas peu fier. "C'est devenue aujourd'hui une magnifique pelouse à orchidées. Il y en avait déjà à l'époque mais beaucoup moins que maintenant. Donc une gestion patiente pendant trente années, avec beaucoup de bénévoles, a permis petit à petit de faire se développer ces belles plantes."

Quand on étend la surface d'une réserve, on peut commencer à protéger les animaux

Alain Bouchat explique que "les parcelles que nous avons achetées notamment dans la plaine de l'Eau blanche ont permis de préserver des oiseaux, dont une espèce extrêmement rare: le râle des genêts. C'est le dernier endroit en Belgique où il est à peu près régulier. Il y en a donc chaque année, mais seulement très peu d'individus. Un autre exemple est la pie-grièche écorcheur, un très très bel oiseau peu fréquent. On a une des plus grosse population de Wallonie dans la réserve."

Trente ans de gestion par Natagora a porté ses fruits

"Notre gestion favorise d'abord le bocage. On a d'abord se laisser reconstituer les haies en limite des parcelles. Ça c'est très important pour beaucoup d'oiseaux. Mais les parcelles se sont aussi enrichies en fleurs et en insectes qui sont évidemment une nourriture importante pour la pie-grièche écorcheur et pour toute une série d'oiseaux comme le rossignol qui est aussi abondant dans la réserve."

Il n'y a pas plus beaucoup de plants d'eau ou de mares dans les réserves. Mais ça va changer grâce aux financements européens obtenus il y a quelques années via le programme Life. Alain Bouchat explique:

"Nous sommes en train de recréer un réseau de plus de 50 mares dans la plaine de l'Eau blanche. Les effets sont très rapides. Il y en a qui sont déjà colonisées par des grenouilles. Ce qu'on espère c'est le retour du triton crêté, un amphibien très très beau mais très rare malheureusement. Il est encore présent plus à l'est dans la région. On espère avec ce réseau de mares qu'il arrivera à recoloniser la plaine."

On arrive seulement à enrayer la disparition des espèces

Jean Delacre est le président de la commission de gestion des réserves naturelles de l'Entre-Sambre-et-Meuse. "Dans certaines prairies où il n'y avait qu'une ou deux orchidées on est arrivé à avoir 500 ou 1000 orchidées. Donc c'est sûr qu'on a des succès. Maintenant, il y a des déceptions parce que la dégradation de la biodiversité est quand-même quelque chose de généraliser. Moi qui ai connu ça depuis 60 ans, c'est certain que j'ai vu une dégringolade, que ce soit dans les reptiles, les batraciens ou les papillons. On ne peut pas comparer ce qui reste aujourd'hui avec ce qu'il y avait il y a 60 ans. Mais on arrive à faire enrayer le phénomène et à faire remonter la pente légèrement. En fait, dès qu'on voit la pente remontée, on est heureux !" 

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