Clap 15ème: Esperanzah! ça commence ce vendredi

Les murs de l’Abbaye de Floreffe vont à nouveau vibrer aux sons de musiques et de voix venues d’ici et d’ailleurs, avec du reggae, de la soul, du hip hop, et du rock. De Belgique, de France, du Chili, d’Angleterre. Autant d’occasions de se plonger dans des univers parfois connus mais parfois pas. Comme par exemple celui de la reine de la Calypso, un genre musical venu des Antilles.

Pour le directeur du festival, Jean- Yves Lafineur, c’est une petite perle qui promet d’ensoleiller le festival : "Calypso Rose, c’est le pseudo de Mc Artha Linda, qui va faire pétiller la scène du haut de ses 74 ans. C’est une femme engagée elle aussi et qui a profité d’arrangements et d’une production du parrain du festival, l’ami Manu Chao. C’est grâce à lui qu’on va pouvoir découvrir cette septuagénaire bourrée de talent".

D’autres découvertes seront à faire pendant ces trois jours avec par exemple Ana Tijoux dont les parents ont fui le Chili et la dictature de Pinochet pour venir en France : "La jeune femme s’est inspirée des sonorités du hip hop des années 90, du jazz et du funk et ses textes sont piquants et engagés ".

Engagés à l’image de ce festival comme n’hésite pas à le marteler son directeur et qui par ces temps difficiles a encore plus de raisons d’être.

Mais comment ce festival tient-il la route alors que d’autres font le gros dos pour résister ? "C’est vrai que cela n’est pas facile tous les ans, mais ce sont vraiment les festivaliers, 36 000 l’an dernier, qui portent l’édition sans cesse renouvelée. Car si nous bénéficions de quelques subsides, pour développer notre politique de tri sélectif des déchets, ou pour mettre en place des échanges nord-sud au niveau des artistes, les finances doivent être tenues de très près. Pour l’instant on se maintient à l’équilibre et nous ne devons pas pour autant faire allégeance à des entreprises ou multinationales qui vont à l’encontre de nos idéaux."

Comme chaque année aussi, les festivaliers pourront évoluer dans les divers endroits de détente, de partage, de restauration et de réflexion. Car cette année le thème proposé pour les débats citoyens portera sur une question qui fait l’actualité. Ce n’est pas toujours bien compris par les citoyens. Il s’agit des accords de commerce TTIP : "On essaie de nous faire croire que les réfugiés sont le problème. Nous on dit non. On dit par contre que le vrai problème, ce sont tous ces traités transatlantiques qu’on nous prépare et qui seront un réel sauf conduit pour toutes ces multinationales, alors que nous on défend une économie de proximité et une défense des droits fondamentaux comme l’accès à la culture, à l’économie de proximité et à la santé pour tous les citoyens. Et c’est le citoyen qui peut faire changer les choses. Ca c’est notre croyance. Ca c’est Esperanzah!".

Pour alimenter cette réflexion, l’asbl Z proposera un court métrage de fiction afin de mobiliser contre le TTIP, mais il y aura aussi la projection de "Demain" et du film "Merci patron . L’histoire des David frondeurs contre le Goliath milliardaire.

Ajoutons à cela le village des enfants, le village des possibles, les moments pour jeune public, des spectacles de jonglerie, de contorsion ou majorettes aux longues jambes et vous avez là un cocktail détonnant de trois jours, pour secouer vos neurones, ouvrir vos oreilles et rincer vos yeux face à cette monotonie trop souvent présente de nos jours.

Le tout dans un décor magnifique, celui de l’abbaye de Floreffe où les habitants ouvrent comme chaque année leurs jardins pour y loger les festivaliers.

Ça aussi c’est l’esprit du festival Esperanzah!

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