Cancer et pesticides à Fernelmont, un nouveau comité d'experts va enquêter

Y a-t-il un lien entre les cas de cancers et l'utilisation de pesticides dans les champs?
Y a-t-il un lien entre les cas de cancers et l'utilisation de pesticides dans les champs? - © publicdomainpictures.net

Y a-t-il une concentration anormale de cas de cancers à Fernelmont, en province de Namur? Il y a tout juste un an, une habitante du village de Cortil-Wodon attirait l’attention des autorités sur cette question. Elle mettait en avant l’utilisation de pesticides dans les champs tout proches comme cause possible de ces cancers.

En 2016, une première investigation menée par l’AVIQ, l’Agence wallonne pour une Vie de Qualité, n’avait pas permis de répondre à toutes les interrogations de la population. Un autre comité d’experts a donc été mis en place. Il est composé de cinq personnes: deux médecins-épidémiologistes, un médecin spécialisé en prévention du cancer et deux toxicologues. Mardi soir, ces experts ont rencontré le collège communal et les médecins généralistes de Fernelmont pour leur présenter la méthodologie qu’ils ont mise au point pour réaliser l’étude.

Une étude en deux étapes

Le travail du comité se déroulera en deux étapes. La première consistera à vérifier l’existence des cas de cancers parmi les personnes qui ont résidé ou qui résident toujours dans trois rues précises du village de Cortil-Wodon. La nature de ces cancers, le moment où ils sont apparus et les caractéristiques des patients seront également passés au crible.

Ensuite, lors de la deuxième étape, il s’agira d’examiner si le taux de malades dans ces rues est anormal par rapport à l’incidence du cancer en Région wallonne. Et s’il s’avère qu’il y a réellement un problème, une hypothèse pourra être envisagée sur la cause, en fonction évidemment des différents types de cancer qui auront été identifiés.

Echantillon trop petit?

Pour les médecins qui ont assisté à la réunion, cette méthodologie présente des avancées par rapport à l’étude réalisée par l’AVIQ en 2016. Mais ils regrettent que les experts ne s’intéressent qu’à trois rues du village de Cortil-Wodon ou neuf cancers ont été recensés. D’autres endroits qui présentent des caractéristiques similaires auraient aussi mérité une attention selon eux. Ils déplorent également qu’on ne s'intéresse pas à d’autres pathologies, comme les troubles neurologiques et les malformations congénitales.

En clair, pour les médecins, le périmètre de l’étude n’est pas assez large. "Est-ce qu’on n’est pas en train de perdre notre temps en prenant un si petit échantillon, se demande Gilles Colemonts, médecin généraliste à Fernelmont. Est-ce que ce genre de recherche aussi focalisée sur quelques rues n’est pas la meilleure façon de ne rien trouver?"

Manque de transparence?

Les médecins s’interrogent également sur la communication du comité d’experts, réservée pour l’instant au collège communal et aux médecins de la commune. Pour eux, les habitants doivent être informés. "Ca renforce un peu cette impression de manque de transparence, poursuit Gilles Colemonts. Pourquoi ne pas faire une étude transparente où on explique les choses? Il y a peut-être des données médicales sensibles qui seront à aborder entre experts et entre médecins, on le comprend bien. Mais à ce stade-ci, sur le mode de fonctionnement d’une étude, on s’étonne".

Les médecins promettent en tous cas d’être attentifs à l’évolution du dossier et au travail du comité. A ce stade, on ne sait pas exactement quand les experts commenceront réellement leur mission. Pour éviter la pression, ils n’ont pas communiqué d’agenda et n’ont pas non-plus prévu de communiquer beaucoup.

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