Au Beau Vallon, les patients souffrant d'Alzheimer bénéficient d'un GPS

Ce traceur GPS a la taille d'un porte clé et s'accroche à la ceinture
Ce traceur GPS a la taille d'un porte clé et s'accroche à la ceinture - © Rebecca Evrard

Souffrir d'Alzheimer peut rendre l'orientation très difficile. Au Beau Vallon, à Namur, les deux services de psycho-gériatrie proposent un traceur GPS aux patients souffrant d'Alzheimer pour éviter qu'ils se perdent. Cette technologie permet aux patients de se promener librement et de se sociabiliser avec les autres patients. Un outil utile pour assurer leur sécurité et rassurer les familles.

 Il a la taille d'un porte clé et s'accroche à la ceinture. Ce traceur GPS permet aux personnes souffrant d'Alzheimer de ne pas se mettre en danger lorsqu’elles se perdent. Grâce à une application sur son téléphone, Marcel Rappe, infirmier en chef du service, détermine un périmètre de sécurité. Si les patients s’aventurent au-delà du périmètre, il reçoit une alerte par mail. Il ouvre alors l’application qui ressemble à Google Maps et peut ainsi voir le tracé du patient et aller le rechercher. En dehors de ces alertes, l’infirmier n’ouvre l’application qu’en cas d’absence inquiétante, lors des repas ou lors du coucher. Il est le seul, avec son collègue, à être habilité à le faire.

Pour François De Gregorio, psychiatre spécialisé en gériatrie, le bien-être du patient est essentiel: "On était bien conscient qu’avoir un traceur comme celui-ci pouvait être contraire à la logique de la vie privée. Mais ce qu’on s’est dit c’est que ce qui devait absolument primer, c’était bien sûr le bien-être du patient". 

Dans un souci de respect de la vie privée, les conditions d’utilisation du traceur GPS sont très strictes. La première réside dans le fait d’avoir des troubles de l’orientation spatiale. La seconde consiste en un comportement qui montre que les personnes vont avoir tendance à sortir à l’extérieur. La troisième condition, c’est une maladie dégénérative au niveau du cerveau. Le docteur De Gregorio insiste par ailleurs sur le fait que les personnes souffrant de problèmes psychiatriques, de troubles liés à l’alcool ou à une psychose, ne seraient pas du tout concernées par l’utilisation de ces traceurs. Enfin, la quatrième condition est l’acceptation du système par le patient tant que faire se peut. Et si le patient est en incapacité de donner lui-même l'autorisation, ce sera à la famille ou aux aidants proches de décider de son utilisation. Les quatre conditions doivent être réunies pour pouvoir recourir au traceur.

Pour le moment, le service dispose de quatre traceurs mais seul un est utilisé. En effet, l’équipe soignante insiste sur le fait de ne pas les utiliser à tort et à travers. Il s’agit avant tout d’une solution pour éviter l’enfermement tout en assurant une certaine sécurité pour le patient.

Et il y a de quoi s’inquiéter. Chaque année, de nombreuses personnes souffrant d’Alzheimer disparaissent. Certaines d’entre elles finissent même par mourir. C'est pourquoi le docteur De Gregorio propose aux familles du patient de continuer à utiliser le traceur à domicile. Un suivi qui permet un retour à la maison plus facile.

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