"Made in chez nous" : Julien Feller, le sculpteur de dentelle

Julien Feller
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Julien Feller - © Barbier

Voici une nouvelle étape de notre séquence "Made in chez nous". Notre pays regorge de talents en tout genre et nous profitons de cet automne si particulier pour en mettre quelques-uns en avant. Nous nous arrêtons à présent à Martelange dans l’atelier de Julien Feller. Un jeune homme de 26 ans, sculpteur sur bois, qui a de l’or dans les mains.

C’est dans un bâtiment communal qui héberge différentes PME que nous avons rendez-vous avec Julien Feller.

Nous le retrouvons penché sur un morceau de bois carré, d’environ 70 cm de côté. Il est en train de le sculpter. Son ciseau à bois avance, un millimètre après l’autre. On distingue une multitude de formes, de fleurs, de courbes, de ronds.

L’homme est patient, précis, minutieux. Il nous dit qu’il a déjà passé 3000 heures sur cette pièce. Pour le moment, elle est épaisse mais une fois qu’il aura terminé son travail, elle fera par endroits à peine un millimètre d’épaisseur. Et on verra à travers.

De la vraie dentelle, mais qui est faite en bois.

La sculpture sur bois, une vocation

C’est à l’âge de 11 ans qu’il découvre le travail du bois. Il aime ça. Il suivra plusieurs formations en ébénisterie, en dorure, en sculpture. Il étudie notamment à l’Institut Saint-Luc à Tournai.

Et petit à petit, il comprend qu’il veut aller au-delà des limites de la matière. Il choisit de sculpter le buis car c’est un bois dur et résistant. Il va pouvoir le travailler extrêmement finement. Il cherche le sens de la fibre pour ne pas la casser.

Pour sa première réalisation, il copiera une pièce de dentelle de Bruxelles. Et puis il se met à dessiner lui-même ses décors. Pour que son travail soit unique. Et à ce jour, il a beau chercher sur internet, il n’a jamais vu personne travailler comme lui.

Ses réalisations sont pleines de légèreté, de transparence, elles imitent le mouvement du tissu qui vole au vent. Un vrai travail d’orfèvre !

Patience et exigence

Il faut une telle minutie pour atteindre ce résultat. Sa compagne, une sculptrice américaine, le confirme. Elle n’a jamais rencontré d’homme aussi patient que lui. Ce qu’elle aime dans son travail, c’est de voir qu’il part d’un morceau de bois si dur et qu’il le transforme en un élément complètement différent, quelque chose auquel on ne s’attend pas. Quelque chose de si délicat. Il reconnaît qu’il ne compte pas ses heures. Et quand une pièce est terminée, il prend le temps de la regarder afin de voir ses erreurs et de faire mieux la fois suivante. Il sait que c’est à force de pratiquer, de travailler qu’il atteindra son but… Même si pour notre oeil d’observateur, on se dit déjà qu’il frôle la perfection !

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