Cybersécurité : la Défense s'entraîne avec d'étonnants outils…

Le "cyber gun" de la défense, à gauche
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Le "cyber gun" de la défense, à gauche - © N. Mann - RTBF

Un exercice grandeur nature pour les militaires belges a eu lieu ce vendredi matin à Erezée, en province de Luxembourg. La défense voulait leur parler de cybersécurité et elle leur a tendu quelques pièges pour leur montrer qu’une simple connexion wifi avec leur gsm pouvait les mettre en danger.

Au milieu des bois ardennais, des militaires se baladent avec un outil qui semble sortir d’un film de science-fiction, il s’agit d’un "cyber gun". C’est un appareil capable de détecter des ondes wifi et bluetooth d’un smartphone, et donc de déterminer la position d’un ennemi. "C’est un micro-ordinateur qui contrôle un wifi et un bluetooth en directionnel. On a récupéré, à l’insu des personnes, des adresses de leur téléphone, on les a injectées dans l’ordinateur et l’ordinateur va chercher à détecter ces GSM-là. Une fois qu’il les trouve, il nous envoie un signal pour nous dire qu’en effet, dans la direction qu’on pointe, se trouve l’un de ces téléphones" explique Cédric, expert en cybersécurité à la Défense.

Ce matin, l’outil est mis en pratique lors d’un exercice. Le scénario est celui de la Prusse qui a envahi la Belgique. Des militaires belges doivent rapporter une clef usb. Ils peuvent utiliser leur smartphone afin de se situer ou de communiquer mais c’est finalement cela qui va les trahir.

En quelques minutes, ils sont repérés… Les Prussiens attaquent et s’emparent de la clef usb. Cela faisait plusieurs heures que les Belges étaient suivis grâce à leur smartphone. Leurs positions étaient analysées au poste de commandement. Mais tout cela n’est qu’une fiction. En pratique, la Belgique n’utilise pas encore sur le terrain d’outil comme le "cyber gun". "D’autres nations l’utilisent déjà. A l’armée belge, c’est en cours de développement. On est en train d’expérimenter, c’était le but de cet exercice, c’est de commencer à expérimenter l’utilisation de menace et de technique cyber dans le cadre d’opération. On voulait sensibiliser les militaires pour qu’ils se rendent compte que l’utilisation de technologie personnelle peut amener à ce genre de risque" explique le sous-lieutenant Pierre, expert en cybercriminalité à la Défense.

L’opération a eu un impact sur les militaires. Ils n’ont compris qu’assez tard la menace que représentaient leurs téléphones. "Peu à peu, on s’est demandé s’il ne fallait pas couper des applications sur notre téléphone. La zone est énorme, ils n’auraient jamais pu nous trouver si on n’avait pas un traceur sur nous. Je vais réfléchir pour qu’à l’avenir, je sois intraçable" explique Xavier Devos, réserviste de l’armée belge.

Aujourd’hui, la cybersécurité est un enjeu majeur pour la Défense qui sait que les guerres peuvent également se dérouler sur le terrain virtuel. Ces dernières années, la Belgique a investi dans ce domaine et continue de recruter.

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