Les gardes médicales menacées par un gel des subsides

Les médecins ont appris que le gouvernement fédéral avait l'intention de diminuer les budgets pour les postes médicaux de garde regroupés sous le numéro d'appel 1733, les week-ends et jours fériés. Le chiffre de 10 millions d'euros d'économie circule actuellement. La décision n'est pas encore prise mais elle inquiète les médecins généralistes, singulièrement ceux qui exercent en milieu rural. Dans l'arrondissement de Dinant, par exemple, le poste médical de garde (basé à Bièvre) permet d'assurer la continuité des soins mais également de répartir la charge de la garde de manière supportable pour les médecins, de moins en moins nombreux.

A Rhisnes, le docteur Isabelle Lupant a mis sur pied le poste médical de garde en 2013. La moitié des médecins du secteur avait plus de 55 ans, et les gardes devenaient de plus en plus lourdes à assumer pour les généralistes. Aujourd’hui, 45 médecins s'organisent pour assurer les gardes. Le système a fait ses preuves, et les médecins du secteur n'assurent plus que 9 gardes de 12 heures par an le we et les jours féries, en plus bien sûr, des gardes en semaine. Autre point positif, les médecins qui ont vu de jeunes collègues les rejoindre dans cette zone semi-rurale.

Suppression du chauffeur pour la garde de nuit?

Invité du "rendez-vous de midi" par MAtélé et VivaCité Namur (voir vidéo ci-dessous), le docteur Baijot (Beauraing) dénonce cette mesure. "On ne sait pas si le gel des subsides concerne les nouveaux projets pour les frais de fonctionnement des postes de garde actuels. Mais dans les deux cas, c'est un mauvais signal. Par exemple, si la ministre de la santé Maggie De Block supprime le budget pour le chauffeur qui nous accompagne la nuit, ça ne va pas nous inciter à maintenir la garde!"

Les postes de garde ne désengorgent pas les urgences

On ne connait pas encore la réelle motivation de ce gel de subsides. Mais dans le même temps, la ministre De Block annonce qu'elle renforce le financement des urgences dans les hôpitaux. Un montant de 12 millions d'euros est envisagé. "C'est vrai que les urgences ne désemplissent pas, malgré la création des postes médicaux de garde. On pensait qu'il y aurait moins de patients dans les hôpitaux, mais ça n'est pas le cas, l'augmentation est constante. Si la ministre trouve que les postes de garde n'ont pas leur utilité, qu'elle le dise et qu'elle les supprime! À la limite, ce sera une charge en moins pour nous. Mais clairement, nous pensons que le système doit être maintenu. Et nous irons jusqu'à faire grève pour se faire entendre". 

 

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