Willy Cuyckens a vendu plus de 2.000 tracteurs

Willy Cuyckens et son épouse Marie-Louise (Malou) Jacob ont vendu plus de 2000 tracteurs de la marque John Deere.  Sans compter tous les autres engins agricoles.
3 images
Willy Cuyckens et son épouse Marie-Louise (Malou) Jacob ont vendu plus de 2000 tracteurs de la marque John Deere. Sans compter tous les autres engins agricoles. - © Marc Mélon - RTBF

C’est en 1979, dans le village de Cras-Avernas que Willy Cuyckens se lance dans l’aventure. Il quitte une entreprise privée où il travaille depuis un an et s’installe à son compte. Très vite, le jeune électro-mécanicien de formation constate qu’il n’y a plus de maréchal-ferrant ni de forgeron dans nos villages. "Je me suis spécialisé dans l’affinement des chocs de charrue à chaud. Il y avait une très forte demande des agriculteurs, à l’époque. A ce moment-là, les socles des charrues n’étaient pas auto-affilants comme ils le sont aujourd’hui. Les aciers étaient différents. La partie tranchante de la charrue s’usait et il fallait chauffer le socle et l’affiner avec un marteau pilon. C’était un art bien particulier. La pièce devait être dure mais pas cassante. Ce sont les anciens qui m’ont enseigné la technique. Cela m’a permis de démarrer très rapidement car j’ai eu une très forte demande. Si le travail était bien réalisé, le cultivateur pouvait économiser du carburant".

Pourquoi John Deere ?

Dans la foulée, en 1980, Willy Cuyckens décide de vendre des tracteurs de la marque John Deere. "A ce moment-là, je rencontre des agriculteurs désireux d’acheter des tracteurs. Je me suis approché des trois marques : Deutz, Same et John Deere. J’ai choisi John Deere pour deux raisons : la première, c’était la seule marque qui exigeait des compétences professionnelles. La deuxième raison, c’est que la marque avait une gamme complète : ensileuses, moissonneuses, tracteurs et presse à ballots".

Plus de 2.000 tracteurs vendus

Aujourd’hui, Willy Cuyckens est très fier. Il a vendu un peu plus de 2.000 tracteurs. Comment expliquer ce succès ? "Je pense que la marque n’était pas très connue. Elle est parvenue à développer un très bon marketing tout en proposant des engins d’une qualité remarquable dans le monde entier. Nous avons pu progresser ensemble".

Ce qui fait la différence, c’est le service

A chaque fois que je pose la question à un agriculteur : pourquoi avez-vous choisi telle ou telle marque, la réponse est toujours la même : " C’est le service rendu à toute heure du jour et de la nuit, surtout quand nos machines sont au travail dans les champs ! ". Willy Cuyckens confirme : "Dans ce métier, la première qualité qu’il faut avoir, c’est d’être à l’écoute des clients. Il faut répondre à leurs attentes et être très vigilant. L’agriculture a connu de grands tournants et ce n’est pas terminé. Mes collaborateurs et moi, avons dû nous adapter aux demandes journalières des clients".

On vend moins de tracteurs mais ils sont plus puissants

Le secteur de l’agriculture a connu une impressionnante révolution. Les tracteurs vendus aujourd’hui sont particulièrement puissants. Willy Cuyckens apporte son éclairage : "Avant, on vendait plus de tracteurs mais ils étaient moins puissants qu’aujourd’hui. En Belgique, à ma connaissance, on vend 350.000 chevaux par an. On connaîtra de plus en plus une agriculture de précision, beaucoup plus stricte, beaucoup plus contrôlée. Le bio se développe très fort car les gens veulent savoir ce qu’ils mangent".

L'exportation explique aussi le succès

Willy Cuyckens a beaucoup exporté. Il explique que c’était nécessaire pour pouvoir grandir. "Quand je vends un tracteur, il y a souvent un autre qu’il faut reprendre. Sur le marché de l’occasion, sur le plan local, la demande était faible. Il était donc nécessaire d’aller vendre les véhicules repris sur d’autres marchés à l’étranger. Aujourd’hui, avec l’évolution informatique, des gens de l’Est viennent vers nous mais avant internet, il fallait aller conquérir sur des terrains étrangers. A titre d’exemple, au départ, nous exportions vers la France, les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne. Avec l’ouverture des frontières, nous nous sommes tournés vers les pays de l’Est. Nous exportons aussi vers l’Asie, les pays du Maghreb, l’Amérique du Nord et surtout l’Amérique du Sud où nous avons trois bases au Chili avec des vendeurs qui démarchent dans les pays limitrophes. L’exportation explique donc aussi notre réussite".

A 63 ans, Willy Cuyckens va mettre un terme à son activité commerciale. "Mon fils Cédric ne reprend pas et nous examinons les pistes pour la suite avec deux priorités : le maintien de la clientèle et de l’emploi. C’est primordial pour la négociation et cession à l’acquéreur futur. A mon succès, je lui souhaite de maintenir la clientèle et de la soigner comme nous l'avons fait. Il ne faudra pas qu'il oublie le service avec un grand "S". Dans ce cas, il n'y aura pas de problème, il pourra continuer !".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK