Voyager avec le TEC: pas si simple pour les personnes handicapées

Sureyya Arife Pamuk dénonce le manque d'accessibilité des bus du TEC pour les personnes handicapées.
Sureyya Arife Pamuk dénonce le manque d'accessibilité des bus du TEC pour les personnes handicapées. - © RTBF

Grimper à bord d’un bus du TEC quand on est en chaise roulante n’est pas chose aisée. Sureyya Arife Pamuk en fait régulièrement les frais. Cette jeune Liégeoise de 19 ans est tétraplégique. Elle se déplace tant bien que mal dans la Cité ardente, en chaise roulante électrique.

Des désagréments, elle en rencontre souvent. Mais ce mercredi matin, c’était celui de trop. Celui qui a réveillé sa frustration et sa colère. La jeune femme veut prendre un bus de la ligne 27. Mais le chauffeur ne parvient pas à déployer "la rampe" pour fauteuil roulant, qui lui permettrait d’embarquer à bord du bus. "Le bus est tombé en panne. Il est resté à l’arrêt un certain moment et moi j’ai dû attendre le prochain", raconte la jeune femme.

Je me sens déshumanisée car je ne peux pas circuler comme j’en ai envie

Mais lorsque le bus suivant arrive, la scène se reproduit. Impossible de faire embarquer Arife. Elle pourra finalement grimper à bord d’un troisième bus. En tout, elle aura attendu près d’une heure et demie sous la pluie. "J’étais gelée car comme je suis tétraplégique, je n’arrive pas bien à me réchauffer", témoigne-t-elle.

Mais plus que l’attente, c’est surtout le stress et la déception qu’elle retient de cette mauvaise expérience. "Le premier chauffeur n’était pas très sympa et les gens m’ont regardé méchamment. Certains sont sortis et m’ont fait comprendre que selon eux, c’était de ma faute s’ils étaient bloqués. Je me sens déshumanisée car je ne peux pas circuler comme j’en ai envie".

Selon le TEC, un système bien entretenu mais fragile

Le plus frustrant pour elle, c’est de savoir que les bus du TEC sont théoriquement accessibles aux personnes en fauteuil roulant, mais que régulièrement le dispositif est en panne, "un manque d’entretien", selon elle.

La compagnie de bus le reconnaît, "le système est fragile". "Il est possible que le chauffeur vérifie le matin que son bus fonctionne bien et que la lame sorte sans problème. Mais si pendant le trajet un gravier vient se glisser dans un interstice, la lame peut être défectueuse à un arrêt suivant", explique Carine Zanella, porte-parole pour le TEC Liège. Aujourd’hui, au TEC Liège, deux techniciens travaillent à temps plein à l’entretien de ces lames.

Selon la compagnie, l’arrivée progressive de nouveaux modèles de bus sur le réseau devrait régler le problème. Mais en attendant, le TEC invite simplement les passagers handicapés à signaler systématiquement tout désagrément.

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