Vol du monument grec du Mémorial Interallié de Cointe : un nouvel exemple des méfaits des voleurs de métaux

Le monument tel qu'il était et tel qu'il apparaît désormais: tous les casques ont été volés
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Le monument tel qu'il était et tel qu'il apparaît désormais: tous les casques ont été volés - © RTBF - Martial Giot/Natacha Mann

Des voleurs de métaux s’en sont une nouvelle fois pris à un monument le week-end dernier à Liège.

Le monument grec du Mémorial Interallié de Cointe a été entièrement pillé. Cette sculpture inaugurée en 1988 était composée de 114 casques en bronze de type antique. Trois avaient été dérobés quelques mois après l’inauguration et une dizaine d’autres au printemps 2020. A présent, il n’en reste plus aucun.

D’autres vols du même type ont été perpétrés à Liège ces dernières années. Certains ont pu être élucidés, d’autre pas.

Ainsi, en 2011, au Bastion des fusillés du Fort de la Chartreuse, une stèle métallique et une statue ont été volées. La stèle - le mémorial autrefois posé sur une tourelle d’angle de la prison Saint-Léonard - a été remplacée par une reproduction en pierre. Pour la statue du fusillé, une réplique en métal a été réalisée. Elle a été placée à la Chartreuse en avril 2018. Mais, deux jours après son inauguration, elle a elle aussi été dérobée. Cinq mois plus tard, la brigade judiciaire de la police de Liège l’a retrouvée, coupée en deux, chez un ferrailleur, en même temps que les plaques du monument aux prisonniers de guerre de Chaudfontaine, notamment. Le voleur a écopé de 40 mois de prison et deux receleurs de 15 et 18 mois avec des sursis partiels. La statue métallique a été remise en état et stockée à l’abri. Une copie en résine a été installée au Bastion des fusillés.

Autre exemple : fin 2014, ce sont 162 des 213 plaques de bronze ornant les tombes des soldats inhumés près de cent ans plus tôt au cimetière de Rabosée qui ont été dérobées. Un préjudice de 80.000 euros. La Défense a remplacé toutes les plaques de bronze par des plaques en matière synthétique en 2017, comme l’expliquait alors le Lieutenant-Colonel Jean-Paul Hames : "La Défense a fait enlever les plaques qui étaient encore présentes. Elles ont été déposées à Loncin. Et elle a décidé de faire quelque chose. Ça a pris un petit peu de temps pour trouver la meilleure solution. Finalement, on a décidé de mettre des plaques en gravoglas, une sorte de plexiglas épais, qui permet de donner un bel éclat aux tombes. On ne peut plus les voler, ça, c’est déjà bien. Elles résistent aux U.V. et aux intempéries. Mais il faut quand même pratiquement une journée pour un homme pour faire une plaque.".

La réalisation de répliques en matière synthétique est aussi évoquée pour le monument grec du Mémorial Interallié. Encore faut-il disposer d’un casque qui pourrait servir de modèle et là Robert Laffineur, le consul honoraire de Grèce à Liège, constate : "Le sculpteur qui avait réalisé l’œuvre est décédé. Il semble qu’il n’existe plus de casque. Donc faire des moulages d’un ou deux casques qui auraient survécu n’est pas possible.".

Reste évidemment l’espoir de retrouver les casques en bronze dérobés durant le week-end. L’enquête de la brigade judiciaire de la police de Liège ne fait que commencer.

Vol de métaux: caveaux vandalisés au cimetière d'Auvelais (archives JT 02/03/2017)

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