Ville de Liège: début du marathon budgétaire en conseil communal

"La Violette", hôtel de ville de Liège
"La Violette", hôtel de ville de Liège - © vb

Le projet de budget 2014 est à l'équilibre, mais au prix d'un prélèvement important sur la cagnotte des années précédentes. Les principales taxes, les additionnels à l'impôts des personnes physiques ou au précompte immobilier, n'augmentent pas. Pourtant, passée au crible des libéraux, des écologistes, et des partis de la "petite gauche", il ne reste plus grand chose de la sérénité de la majorité.

C'est classique dans un débat budgétaire: l'opposition s'oppose. Mais les chefs des divers groupes ont eu des mots très durs, envers les propositions de la majorité.

Pour le Mouvement Réformateur, Christine Defraigne a parlé "d'un budget en trompe-l'oeil, d'un budget platrat et mascarat". Elle a regretté le manque d'effort dans les subsides au secteur associatif local, "un saupoudrage aux petits copains". C'est surtout du côté de la charge des pensions qu'elle a porté ses critiques: la Ville envisage d'utiliser un emprunt octroyé par la Région Wallonne, mais pour assumer le payement des retraites d'avant 1991. Cet argent va être "siphoné" largement avant l'échéance prévue au départ. Et de prévoir, à l'horizon d'une douzaine d'années, un trou, béant, de 155 millions.

Les Ecologistes, par la voix de Bénédicte Heindrichs, "c'est un budget mal fagotté, basé sur des extrapolations" Avec cete comparaison: "c'est comme si une agence de voyage demandait à ses clients de choisir, sur catalogue, une chambre d'un hotel en chantier, avec pour unique illustration, une photographie prise de loin au téléobjectif". Pour les verts, c'est un budget dont les imprécisions constituent une ménace sur la capacité d'action de la Ville, en tant que pouvoir public, "notamment à constituer un rempart contre l'exclusion"

L'urgence sociale

Cette préoccupation d'urgence sociale a été largement partagée par François Schreuer, pour le groupe Véga. A son estime, ce budget contient, en définitive, une contraction des dépenses de 5 millions, ce qui signifie nécessairement de moindres services à la population. Et qui augure d'un exode urbain. En outre, à le suivre, la politique du personnel municipal est lamentable: "la majorité dégomme de l'emploi au petit-bonheur-la-chance" parmi ses agents. D'où, cette suggestion: "augmentons les additionnels à l'impôts des personnes physiques, et diminuons quelques taxes forfaitaires, ce serait une manière de rendre la fiscalité locale plus équitable". Le groupe Véga réclame l'abandon du projet d'écoquartier de Coronmeuse, pour consacrer ces sommes à du logement social.

"Ceci n'est pas un budget de gauche"

La même insatisfaction s'est exprimée sur le banc du Parti du Travail. Son porte parole, Raoul Hedebouw a déploré "la non indexation de la docation au Centre Public d'Action Sociale: c'est une réduction des moyens, alors que les charges propres augmentent; les demandes de revenus d'insertion sociale sont de plus en plus nombreuses". Remarque analogue du côté des poubelles: la taxe annuelle reste inchangée, certes, mais le prix unitaire des sacs jaunes supplémentaires est majoré: "c'est une manière déguisée de mettre à contribution, principalement, les ménages avec enfants, les familles nombreuses". En résumé, ce budget, c'est une spirale négative.

La majorité garde le cap

Sans surprise, les démocrates humanistes et les socialistes ont manifesté un soutien inébranlable au projet de budget 2014, élaboré, selon Jean Claude Marcourt, "avec prudence et discernement". Après deux heures de débats, le vote majorité contre opposition ne fait pas le moindre doute. La suite de ces discussions, et l'adoption, point par point, des prévisisons financières pour l'an prochain, dès ce mardi, pour une deuxième séance.

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