Veviba: des dizaines de tonnes de viande détruites "inutilement", accuse Verbist

Scandale de la viande dans l'affaire Veviba.  70 tonnes de viande ont-elles été détruites inutilement ? Louis Verbist, l'actionnaire principal de la société Veviba, s'en prend au ministre Denis Ducarme. Il l'accuse d'avoir laissé périmer délibérément de la viande de qualité, en tardant à la libérer ou à la laisser congeler. La RTBF a pu se procurer une série d'échanges de courriels entre les différents acteurs du dossier. Ces courriels laissent poindre l'inquiétude des managers de crise : la lenteur à décider allait-t-elle les obliger à détruire leur stock de viande déjà découpée ?

Cette histoire est celle d'un gaspillage alimentaire, de plusieurs dizaines de tonnes de viande qui périment petit à petit alors que les décisions n'arrivent pas. Louis Verbist, l'actionnaire majoritaire de la société Veviba, dénonce une volonté délibérée de gaspiller sa production. Patrick Hofströssler, l'avocat du groupe Verbist: "Ça a été géré d'une certaine façon pour nuire.  C'est un agissement qui est hautement reprochable, c'est déplorable.  C'est une activité économique de grande valeur, il y a des gens qui ont travaillé, il y a des éleveurs de bêtes qui ont fourni un travail remarquable, qui ont livré un produit de haute qualité, jeté tel quel, uniquement pour nuire un groupe économique, c'est déplorable".

Prouver une intention de nuire est impossible. Cependant, les échanges de courriels montrent lenteur, incompréhension et énervement.

Chez Veviba, la première perquisition a lieu le 28 février. Toute la viande est saisie. La viande déjà découpée est bloquée. 13 tonnes en barquettes vont périmer très vite si elles ne sont pas commercialisées ou congelées.

Mais pendant un mois et demi, les courriels se croisent. "Il faut congeler la viande" réclament les managers de crise de Veviba, ce qui va obliger à la déplacer vers une entreprise de congélation extérieure. "L'afsca doit la contrôler d'abord" exige le ministre Ducarme.

Les courriels se suivent et se croisent. Le collaborateur du ministre Ducarme ne comprend pas tout de suite qu'à Bastogne il n'y a qu'un seul congélateur, qu'il est sous saisie, et qu'il est donc impossible de le rouvrir pour y congeler la viande déjà découpée.

Pendant ce temps, les dates de péremption se rapprochent. L'afsca doit contrôler une par une 78 palettes d'environ une tonne de viande chacune.

Dans toute la chaîne de courriels, les acteurs se plaignent de la lenteur à décider.

Le ministre Denis Ducarme justifie sa manière d'agir : "Ce à quoi je veille, c'est que l'ensemble de la viande en question soit testée. aujourd'hui, il y a une saisie administrative. J'étudie les possibilités qui existent pour opérer davantage de tests sur cette viande et je crois que c'est ce que le consommateur attend."

L'échange de courriels démontre que les tests se terminent à des dates proches, voir le jour même de la limite de consommation. Après contrôle, la viande doit être acheminée à Anvers. C'est loin de Bastogne. Et les acteurs s'énervent.

Le dernier chargement de viande contrôlée à congeler quitte Bastogne le 11 avril. Le 12 les déchets à détruire sont emmenés. Un doute reste sur la quantité exacte de viande détruite. 60 tonnes selon un courrier de l'avocat de Verbist. Au moins 25 tonnes selon une facture du clos d'équarissage.

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