Verviers : pourquoi faire reconnaître les Boulevards par l'Unesco ?

Quartier des Boulevards (place Général Jacques)
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Quartier des Boulevards (place Général Jacques) - © RTBF - François Braibant

A Verviers, la ville veut faire reconnaître le quartier des Boulevards comme patrimoine de l'Unesco. Le quartier a été dessiné à la fin du dix-neuvième siècle par un architecte-urbaniste très connu, Victor Besme, et il a gardé son cachet d'origine.

Un quartier resté très homogène

"Dans le dernier quart du XIXième siècle, âge d'or de la ville et de son industrie textile" expose la déclaration de politique communale, "Verviers a connu un développement urbanistique exceptionnel avec la création des nouveaux quartiers au sud de la cité. Le quartier de l'Immobilière (1871) et le quartier des Boulevards (1878) d'une grande richesse patrimoniale ont conservé jusqu'à aujourd'hui une assez grande homogénéité qu'il convient de préserver et de faire connaître et reconnaître notamment par le classement de ces quartiers au sein du patrimoine de l'UNESCO."

Pour savoir où sont les Boulevards, c'est facile. Prenez un plan de Verviers. Coupez-le en quatre d'un grand X. Le quart sud, c'est le quartier des Boulevards, grosso modo entre la rue du Palais, la rue des Déportés, l'avenue Hanlet et la chaussée de Heusy. Le quartier est resté très homogène, c'est ce qui fait tout son intérêt.

Une extension de la ville pour la classe aisée

"Dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle" raconte Freddy Joris, verviétois et ancien patron de l'Institut du Patrimoine Wallon, "Verviers est à l'étroit. La ville est confinée dans sa vallée, entre la colline des Récollets et l'endroit où montent aujourd'hui les escaliers du fond de la rue de Rome. Tout se concentre dans cet espace minuscule. Les industries, les maisons des ouvriers et celles des patrons."

Alors, les édiles verviétois décident d'étendre la ville, en séparant les populations. "On va créer un quartier au nord pour les ouvriers. " poursuit Freddy Joris "La rue de Dison, toute droite, est une création de cette époque. C'est un quartier où on veut attirer des travailleurs immigrés. A cette époque, ce sont des Allemands. Et puis, pour les patrons, on dessine tout un nouveau quartier sur les prairies au sud de la ville." Avec des prescriptions urbanistiques strictes et chères qui vont réserver l'endroit à ceux qui ont les moyens d'y vivre.

Le Calatrava de Léopold II

La ville confie d'abord le dossier à son architecte communal. "Mais la famille Peltzer préfère qu'on fasse appel à quelqu'un de plus prestigieux, le Calatrava de l'époque : Victor Besme, qui avait dessiné l'Avenue Louise à Bruxelles. Il était l'urbaniste de Léopold II. Victor Besme connaissait les Peltzer parce qu'un membre de leur famille s'était fait construire un hotel particulier Avenue Louise." Les Peltzer obtiennent gain de cause et c'est Victor Besme qui trace les plans du quartier des Boulevards.

"Tout l'urbanisme à l'époque consiste à tracer de belles avenues. C'est pour ça qu'on l'a appelé 'quartier des boulevards'. Des rues rectilignes, avec de très beaux dessins géométriques, comme sur la place Général Jacques. La construction du quartier a démarré et ça a été bâti jusqu'en 1920." Tout le quartier est sorti de terre en une quarantaine d'années. C'est ce qui explique sa relative homogénéité architecturale, qui a été conservée jusqu'aujourd'hui.

Ce serait une première

Freddy Joris nous fait remarquer l'alignement des maisons place Général Jacques, les balcons et les balustrades en fer forgé. Un quartier urbain resté à ce point homogène n'est pas fréquent. Bien sûr, tout n'a pas été conservé. De grands magasins ont pris la place de villas cossues. La reconnaissance par l'Unesco préservera-t-elle le reste ? "Je ne connais pas d'exemple de quartier qui soit protégé pour son homogénéité architecturale dix-neuvième" remarque Freddy Joris. 

Ce serait donc une première. Mais faire aboutir le dossier des Boulevards verviétois à l'Unesco prendra sans doute plusieurs années.

 

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