Verviers: "les Bout'Chiques", une maison d'accueil pour les enfants de parents en formation

Un accueil coloré pour les enfants de mamans en formation ou aux études
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Un accueil coloré pour les enfants de mamans en formation ou aux études - © les Bout'Chiques

Ce n'est un secret pour aucun futur parent: trouver une gardienne ou une crèche ressemble souvent au parcours du combattant. Il faut s'inscrire dès les premiers mois de la conception et les listes d'attente sont parfois longues. Quand de surcroît il faut une solution très rapide, c'est souvent impossible. Pour les parents qui suivent des formations ou qui reprennent des études, cette attente se traduit parfois par une perte de droits à certaines allocations ou une chance de formation qui s'envole. A Stembert, sur les hauteurs de Verviers, la maison "les Bout'Chiques" s'est spécialisée dans l'accueil de ces enfants de parents en formation.

"Les Bout'Chiques", c'est une capacité d'accueil de 15 lits. En 2016, 32 enfants y ont été gardés: "Il y a des jeunes mères qui sont toujours en secondaire, des mamans qui veulent reprendre des formations pour trouver un travail quand l'enfant ira à l'école, d'autres ce sont des cours d'alphabétisation, il y a un peu de tout", explique Sara Sarlet, assistante sociale, "ici parfois, on fait vraiment des prises en charge d'une semaine à l'autre. Les parents téléphonent, il y a de la place et on commence directement la familiarisation parce que les parents commencent la formation la semaine suivante".

Une moitié de mères seules avec enfants

En 2016, les familles qui fréquentaient "les Bout'Chiques" étaient pour moitié des mères seules avec un ou plusieurs enfants. Quant aux revenus de ces ménages, ce sont essentiellement des allocations soit du CPAS soit du chômage. "Permettre à des parents qui sont en formation d'accueillir leurs enfants, c'est leur permettre de se réinsérer dans le monde du travail, de reprendre une place dans notre société. Ça contribue à moins de précarité des parents donc des enfants", précise Anne-Catherine Doyen, la directrice. Mais se spécialiser dans ce type d'accueil nécessite aussi plus de moyens: "Ce sont souvent des enfants qui arrivent plus tard que dans une crèche classique. Ils viennent vers 12 ou 18 mois, ils sont restés plus longtemps avec la maman donc la familiarisation est plus longue. Ce sont souvent des enfants d'origine étrangère. Cela demande un travail accru des puéricultrices et de l'assistante sociale et comme les enfants restent moins longtemps, il y a un "turn over" et donc il faut recommencer plus souvent le travail que dans une crèche classique où l'enfant est là pour 3 ans", ajoute la directrice.

Francesca est Italienne. Elle suit actuellement une formation en informatique jusque juin puis enchaînera avec un an de perfectionnement en français. Joseph, 1 an, est pris en charge aux Bout'Chiques parce que sa maman suit, elle, une formation en alphabétisation. La maman d'Aminata est, elle aussi, en formation et le papa travaille par pauses. Céline, jeune maman de Matéo, reprend des études de puéricultrice. Sans cette garderie particulière, ce sont autant de mamans obligées de rester chez elles, sans possibilité d'améliorer leurs revenus à terme, sans possibilité aussi d'apprendre parfois le français pour mieux aider leurs enfants plus tard à l'école.

Pour que la structure soit efficace, il faut également qu'elle se garde parfois une place libre pour parer au plus urgent et cela coûte aussi. "Les Bout'Chiques" fonctionnent avec 5 personnes. La maison d'accueil a rentré un projet Viva For Life pour financer 2 emplois permettant d' ouvrir 3 places supplémentaires.

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