Vendanges à Ans sur le coteau de Légia

Le bas d'Ans offrait au passant un petit air d'Italie ce samedi. Sur le coteau de la Légia - une pente à 35% - une trentaine de vendangeurs étaient occupés à récolter les raisins cultivés par Salvatore Carvona.

"J'ai 1200 pieds de vignes avec cinq cépages : pinot noir, pinot gris, gewürztraminer, auxerrois et merlot. En majorité, c'est du pinot noir. On commence par les blancs, le matin. Et puis l'après-midi, on cueille le rouge, le merlot et le pinot noir. Il va y avoir un tri. On peut miser sur un bon millier de kilos de raisin. On a eu trente à quarante pourcent de pertes. On le voit ici. Une partie du raisin est pourri. C'est pour ça qu'on va trier. On ne va garder que le grain noble."

Et vous allez en faire du vin ?

"Oui. Et une méthode champenoise pour l'auxerrois qui se trouve au-dessus. Et un rouge "Coteaux de la Légia, en pinot noir, fûts de chêne, avec du merlot. On fait un assemblage."

Vous en vendez combien de bouteilles par année ?

"Ça dépend. L'année dernière a été une année catastrophique. On n'en a eu que cent litres. Cette année, j'espère avoir une récolte correcte."

Vous n'en vivez pas ? Vous faites ça pour vous amuser ?

"Non. Je n'en vis pas évidemment. Je fais ça par passion. Ca me coûte même un petit peu de sous."

Quand avez-vous planté ces vignes ?

"On a planté le vignoble en 2006. Moi, je suis un enfant du quartier. Mon père, lui, il a 91 ans et il a des vignes en Sicile. Alors je connais un peu le métier. Et je m'étais toujours dit en regardant la colline avec son exposition plein sud, qu'elle était là pour y mettre des vignes."

Est-ce que vous avez fait des recherches historiques ? Est-ce qu'il y a eu un vignoble ici dans le passé ?

"Oui. Il y en a eu un. Exactement ici. Il est mentionné au seizième siècle. Regardez tout autour tous ces clochers. Il y avait des congrégations religieuses. Elles avaient besoin de vin de messe. Et c'est ici qu'elles cultivaient leur raisin. Juste au-dessus de la Légia qui passe en souterrain dans le fond de la vallée."

Vous avez combien de vendangeurs ?

"Une trentaine. Et ici, vous avez des étudiants de septième année d’œnologie. Ça fait partie de leur cursus de cette année."

Et la vinification, vous faites ça aussi chez vous ?

"Oui. C'est une petite production. On fait tout sur place."

Et votre vin, il a une parenté avec celui de votre père en Sicile ?

"Non. Pas du tout. Ça ne se ressemble pas. Ici, nous sommes sur des cépages alsaciens. Et puis la conduite est différente. Ici, on fait une taille haute. Parce qu'on a de l'humidité. Pour les retirer du sol, pour les maladies. Alors qu'en Sicile les vignes, elles rampent par terre. C'est tout à fait différent comme culture et comme vinification. Ici on manque de sucre dans le raisin, alors que là ils en on trop et ça fait trop d'alcool."

Où avez-vous appris le métier ?

"Je l'ai appris un peu sur le tas. Mon père m'a conseillé, mais seulement pour la culture, pas pour la vinification. Parce que eux, là-bas, ils portent la récolte à la coopérative et c'est la coopérative qui fabrique le vin. Ici, il n'y a pas de coopérative évidemment. Je dois tout faire moi-même ; la culture, la récolte et la vinification."

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