Une petite révolution statistique wallonne à la rescousse des Liégeois

La nouvelle carte wallonne des "noyaux urbains de haute densité" (en rouge)
La nouvelle carte wallonne des "noyaux urbains de haute densité" (en rouge) - © iwps

Depuis une dizaine de jours, la polémique fait rage, à propos des discriminations dont les Liégeois se sentent victimes: ils se disent désavantagés dans les aides et les subventions régionales. Un élement arrive à point nommé pour objectiver le débat: un document de travail de l'Institut wallon de prospectives, l'IWEPS. Et c'est une petite bombe statistique: un nouveau mode de calcul de la densité de population, conformes aux directives européennes.

Vous l'ignorez peut-être, mais vous êtes géolocalisés: votre numéro de registre national correpond à un point précis du territoire belge. Jusqu'ici, la densité de la population a été calculée commune par commune. Mais les limites administratives des pouvoirs locaux varient de pays à pays, elles sont plus ou moins vastes, et les autorités européennes souhaitent uniformiser les données. Selon ces recommandations, la Région wallonne a donc été découpée en carrés d'un kilomètre de côté, des carrés dans lesquels les habitants ont été recensés.

Avec, en conséquence, des changement dans ce que les démographes appellent le "dégré d'urbanisation"... Les Tournaisiens, par exemple, n'entrent plus vraiment dans la catégories des "grandes villes", un des critères pour l'octroi des fonds FEDER.

Selon ce nouvel outil statistique, la zone la plus peuplée de l'agglomération liégeoise compte 380.000 personnes, presque le double des Carolorégiens qui sont 207.000 en "agrégat" de forte concentration. Certes, le document de l'Institut wallon de prospective IWEPS se veut technique, et non politique. Mais il ambitionne quand même de permettre d'affiner les stratégies d'aménagement et de planification, et notamment, les investissements dans les transports en commun. Un enjeu non négligeable du point de vue liégeois, puisque le projet de tram va entraîner des modifications du réseau des bus, avec de lourds travaux, et de gros besoins de financement à la clef. La base objective pour considérer ces dépenses comme prioritaires, désormais, existe...

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